Comment réagir à la critique

auto-critique
« Tu ne prononces pas assez ! Tu laisses tomber tes fins de phrases ! »
J’avais juste envie de lui dire d’aller se faire foutre… Mais je ne l’ai pas fait. Au lieu de ça, j’ai recommencé à dire ma réplique en prononçant mieux les syllabes et en tenant la phrase jusqu’au bout.
Mais pourquoi ça m’avait si énervé ?
Peut-être parce que je préfère quand on me parle du sous-texte, de la situation du personnage, de son objectif, de ses obstacles, etc…
Mais peut-être aussi parce que c’était vrai : j’avais besoin de faire ce travail.
Quand quelqu’un nous dit une chose vraie qu’on ne veut pas admettre, c’est l’égo qui est blessé. Et il réagit de façon dramatique en disant « c’est vrai je suis trop nul… » ou au contraire « n’importe quoi, je suis le meilleur, t’as rien compris… »
(Ça peut être utile de comprendre ça pour un personnage)
Ça t’es peut-être déjà arrivé de refuser d’admettre des faiblesses ou des limites dans certains domaines, ou de te critiquer intérieurement  quand tu estimes n’avoir pas été à la hauteur.
Mais s’il t’es déjà arrivé d’admettre tes difficultés, tu as pu te rendre compte que ça soulage et que ça permet de trouver d’autres solutions.
L’acceptation de soi n’est pas contraire à l’amélioration de soi. En fait, le meilleur moyen de vraiment s’améliorer et d’avoir confiance en soi, c’est d’être capable de rester calme par rapport à nos limitations et nos faiblesses.
C’est un travail qui peut être fait en auto-hypnose, en revisitant des souvenirs où l’on ne s’est pas accepté soi-même et en se donnant cette acceptation dont on a manqué.
J’ai préparé une séance d’auto-hypnose guidée sur mon autre site (www.autohypnose-mp3.com) qui te permettra de te laisser aller et de reprogrammer ton inconscient pour t’accepter avec toutes tes caractéristiques personnelles qui te différencient des autres.
En écoutant régulièrement cette séance, tu remarqueras notamment que :
  • tu te sens naturellement plus relaxé et à l’aise, même dans les domaines où tu débutes
  • tu apprends plus sereinement et tu cesses de te critiquer pour tes erreurs, ce qui te permet de te remettre plus vite au travail après un échec
  • tu demandes de l’aide plus facilement
  • tu relèves de nouveaux défis avec enthousiasme
Normalement, une séance d’hypnose en cabinet coûte 80€ mais tu peux avoir cette séance pour le tiers du prix.
Évidemment, tu n’es pas obligé(e) d’acheter cette séance pour faire ce travail d’acceptation de soi. C’est un travail que tu peux faire par toi-même dès que tu remarques un moment où tu n’acceptes pas tes faiblesses et tes difficultés.
Je t’encourage à le faire, et cette séance est là pour t’aider et te guider dans l’état d’hypnose afin d’installer cette acceptation de toi-même profondément dans ton inconscient.
C’est parfait d’être imparfait !

 

PS : Si l’auto-hypnose t’intéresse, j’ai lancé ma chaine Youtube à ce sujet, rejoins-moi : Chaine AutoHypnose-mp3

Comment faire quand on a un trou sur scène

image

Le doigt pointé sur elle, la lumière dans les yeux, je retenais ma colère et ma peur pour éviter de sombrer dans la panique et d’aggraver les choses.

Je sentais l’attente du public et de ma partenaire alors que mon cerveau s’activait à chercher la suite de ma réplique.

« Non, c’est pas celle là, c’est dans le dernier acte cette réplique… »

Je ne sais pas si ça t’es déjà arrivé, mais quand tu oublies une réplique sur scène, c’est toujours un peu inquiétant.

Mais si tu as déjà répété le texte sans erreur, et donc que tu sais que tu le sais, alors c’est en te raccrochant à cette assurance que tu peux sortir de cette situation.

Vois tu, lorsque tu as un trou sur scène, la pire chose que tu puisses faire serait de te blâmer pour cet oubli et de commencer à paniquer.

Au contraire, c’est en restant dans l’intention du moment et dans les circonstances de la scène que le texte te reviendra en mémoire.

C’est ce qu’il s’est passé pour moi dans le premier acte de la pièce Iphigénie en Tauride dans laquelle je joue en ce moment.

Et même si je n’ai pas dit le texte exact, ça m’a permis de continuer la scène et de garder la tension dramatique de ce moment.

N’oublie pas que la plupart du temps, le public ne connait pas le texte et n’y verra que du feu !

Si tu veux venir voir la pièce, nous jouons jusqu’au 3 juin au théâtre de Ménilmontant (à Paris) :
http://www.billetreduc.com/154550/evt.htm

Puis nous irons en Août au festival d’Édimbourg et j’en profiterai pour te faire vivre le festival de l’intérieur 😉

Ça faisait longtemps que je n’avais pas alimenté le blog car j’ai du faire face à des difficultés personnelles. Je m’y remets et j’espère pouvoir continuer à partager avec toi des choses qui te seront utiles.

[Interview] Zachary Gibson – Le jeune acteur canadien révélé dans Descendants répond à nos questions


 

Cet article a été rédigé par Jean-François Gérard, acteur fraichement revenu de Vancouver, qui a préparé une série d’articles sur l’industrie cinématographique en Amérique du Nord (particulièrement au Canada).

 

Dans notre série d’articles sur l’industrie cinématographique à Vancouver, nous retrouvons aujourd’hui Zachary Gibson, jeune acteur canadien révélé récemment dans le téléfilm « Descendants » de Disney, qui a pris le temps de répondre à nos questions. À la fois danseur et acteur, Zachary est un artiste qui a plusieurs cordes à son arc. Rencontre avec ce jeune talent prometteur.

 

Être Acteur : Bonjour Zachary. Peux-tu nous en dire un peu plus sur toi et comment tu es devenu acteur ?

 

Zachary Gibson : J’ai été un artiste toute ma vie. A partir du moment où j’ai commencé à marcher, et même avant, j’étais toujours entrain de danser. C’est la danse, en fait, qui m’a conduit vers l’art dramatique. J’ai été dans différentes productions sur scène et au théâtre, mais je n’avais jamais été très attiré par le cinéma et la télévision. Jusqu’au jour où, alors que j’étais dans la rue Robson en train d’essayer une nouvelle paire de chaussures et de danser, j’ai reçu une tape sur l’épaule et c’était mon agent, Michelle, qui n’était pas encore mon agent à l’époque. Elle m’a demandé si j’étais un artiste, j’ai dit oui, et je suis maintenant avec elle depuis le début de ma carrière. C’est plutôt cool de tomber sur quelqu’un comme ça et d’être à ce point chanceux. C’est donc comme ça que j’ai débuté ma carrière d’acteur. Mon ami Jedidiah, que j’ai rencontré sur le tournage de Descendants, lui a toujours voulu être acteur. Il est venu sur Vancouver, a été dans une école de cinéma, et il vient de commencer à se former avec Andrew McIlroy. Je me suis formé avec Andrew également ; c’est là que j’ai commencé à développer un amour de l’art dramatique.

 

Être Acteur : Et avant de jouer, tu dansais  ? A quel âge as-tu commencé ?

 

Zachary Gibson : Dès que j’ai pu marcher. Je n’ai pas commencé les cours à ce moment-là cependant ; mon père a essayé de m’inscrire à un cours de danse alors que j’avais 3 ou 4 ans, mais je restais sur ses genoux et je ne voulais pas danser. Puis ensuite, on rentrait à la maison, il mettait de la musique, et je dansais partout dans l’appartement. C’est en fait vers 4 ans que j’ai commencé à suivre des cours à proprement parler, me formant en danse classique, claquettes, jazz, hip hop…

 

Être Acteur: De retour à l’art dramatique, qu’est-ce que tu préfères dans le métier d’acteur ?

 

Zachary Gibson : J’aime comme les gens peuvent s’identifier. J’apprécie vraiment quand il y a un personnage qui donne à chacun une sorte de regard sur leur propre vie, tu vois. Parfois c’est heureux, souvent ce n’est pas très beau, et ça te permet de voir qui est vraiment cette personne. Ce qui, dans la vraie vie, est plutôt rare à moins de vraiment bien connaître quelqu’un. C’est totalement ce qui se passe quand tu vas voir un film, que tu t’assieds et que tu es pris dans la vie d’une personne. Et ça j’adore. J’aime aussi à quel point tu peux te l’approprier. En danse, c’est ce que je préfère ; j’ai toujours aimé faire tous les mouvements et les chorégraphier en leur donnant ma propre patte. Et j’ai appris qu’avec le jeu d’acteur, tu peux faire ça aussi. Tu prends toute la technique et le travail préparatoire que tu as mis derrière, et tu y vas, tu le vis. Avec l’art dramatique, il y a un tout nouveau monde où se rendre, explorer et créer. C’est ma partie préférée.

Zachary Gibson : «Soyez sûrs que la seule raison pour laquelle vous faites ce métier, c'est parce que vous aimez ça. Si vous n'aimez pas ce que vous faites, vous ne durerez pas. »
Zachary Gibson : «Soyez sûrs que la seule raison pour laquelle vous faites ce métier, c’est parce que vous aimez ça. Si vous n’aimez pas ce que vous faites, vous ne durerez pas. »

Être Acteur : Tu as aussi dernièrement décroché un rôle dans le téléfilm Descendants de Disney, diffusé mi-octobre en France. Peux-tu nous dire de quoi parle le film et qui est ton personnage ?

 

Zachary Gibson : Descendants raconte l’histoire des enfants des vilains du monde de Disney. Il se concentre sur les 4 principaux : Mal la fille de Maléfique, Jay le fils de Jafar, Carlos le fils de Cruella d’Enfer, et Evie la fille de la Méchante Reine. Je joue Doug, le fils de Simplet, qui fait partie de la fanfare et qui adore l’école. Il tombe sous le charme d’Evie. C’est un gars marrant, je l’adore ; c’était tellement amusant de jouer ce personnage. Il est un peu maladroit, mais c’est vraiment une crème et il sait ce qu’il veut. Il sait quoi chercher chez les gens ; il regarde le monde à travers ses lunettes et voit le bon en chacun, ce qui est génial. Quand les enfants des vilains arrivent à Auradon, la plupart des gens ont peur et sont nerveux, mais il est vraiment dévoué à l’idée de faire son possible pour accueillir les nouveaux venus les bras grands ouverts.

 

Être Acteur : Comment t’es-tu préparé pour ce rôle ?

 

Zachary Gibson : Comme je n’avais jamais suivi de cours de théâtre avant de décrocher ce rôle, mon travail de préparation a été très différent de ce que je ferais aujourd’hui. Heureusement, le personnage que je joue, Doug, est très similaire à moi. J’ai pris ça très à cœur et j’ai vraiment vécu sa vie comme si c’était la mienne. Pour avoir une idée de comment mon père et ses 6 frères m’ont élevé – tu sais, Prof, Atchoum, Joyeux, Grincheux, Dormeur et Timide – j’ai regardé le film original Blanche-Neige et les Sept Nains pour voir comment se comportait mon père, ainsi que ses relations avec Blanche-Neige et ses 6 frères.

 

Être Acteur : Quel est ton meilleur souvenir de ce tournage ?

 

Zachary Gibson : Tourner ce film a été les 2 mois les plus fun de ma vie. La quantité de souvenirs extraordinaires que j’ai sur le plateau est incroyable. Je repense à la fois où mon pote Boo (Booboo Stewart, ndlr) et moi-même avons improvisé notre propre soirée dansante dans un restaurant du centre ville et ça me fait rire. Un autre super souvenir est d’avoir travaillé avec Kenny Ortega, que j’ai longtemps considéré comme mon idole. C’était un rêve devenu réalité d’avoir l’opportunité de travailler avec une personne aussi généreuse et importante dans l’industrie. Enfin, dernier souvenir, mais non des moindres, je suis devenu très proche de Jedidiah Goodacre, que je considère maintenant comme mon frère. Du partage de van aux trajets aller-retours quotidiens sur le plateau, en passant par la répète de « Set if Off » dans mon salon, nous avons vraiment vécu ce tournage comme des frères. Mon meilleur souvenir avec lui est lorsque nous avons fini notre première journée de tournage, que nous sommes revenu dans notre car-loge et que j’ai décidé de mettre de la musique. Ils nous restait tellement d’énergie que nous avons commencé à danser et à chanter à tue-tête. Quelques minutes plus tard, quelqu’un est venu frapper à la porte ; Nous ignorions qu’il y avait un vestiaire juste à côté de nous, et le fait de danser secouait toute la loge. Enfin bon, on s’est bien amusés !

 

Être Acteur: De retour au milieu cinématographique en général, que penses-tu de l’industrie ici à Vancouver ? Penses-tu que les gens sont aussi compétitifs qu’ils peuvent l’être à Los Angeles, ou penses-tu qu’il sont plus relax ?

 

Zachary Gibson : Je pense que ça dépend. J’ai l’impression que pour certaines personnes il y a définitivement cet esprit de compétition et cette intensité parce qu’ils savent que c’est ce qu’ils veulent faire jusqu’au restant de leurs jours. Et il y a l’industrie pour à Vancouver. Je pense qu’il y a plus de personnes de ce genre là-bas, à LA, mais dire qu’il n’y a pas ce genre de personnes ici serait une erreur, car la quantité de personnes dans cette ville qui essayent de percer dans cette industrie est inimaginable. Et Vancouver a les épaules pour ; c’est un endroit génial pour se former et apprendre à jouer, il y a une tonne d’agences et la ville offre autant de travail qu’à Hollywood. Évidemment, peut-être pas autant maintenant, mais je peux totalement la voir – d’ici les 5-10 prochaines années – sur le même pied d’égalité qu’Hollywood en ce qui concerne la quantité de travail et de projets de films.

 

Être Acteur: Quels conseil(s) donnerais-tu aux jeunes acteurs ou aux personnes qui veulent se lancer dans une carrière d’acteur ?

 

Zachary Gibson : Soyez juste sûrs que la seule raison pour laquelle vous le faites, c’est parce que vous aimez ça. Si vous n’aimez pas ce que vous faites, vous ne durerez pas. Ne faites pas ça pour l’argent parce que vous n’en gagnerez pas beaucoup. Faites-le parce que vous aimez ça et le reste viendra tout seul. Ne vous attardez pas sur les détails, concentrez vous juste sur ce que vous aimez. C’est tout ce que je peux dire.

 

 

Descendants Affiche 2
L’affiche de Descendants mettant en scène les quatre enfants des vilains. De gauche à droite, Evie (Sofia Carson), Mal (Dove Cameron), Carlos (Cameron Boyce) et Jay (Booboo Stewart).

 

Descendants de Disney est un téléfilm réalisé par Kenny Ortega, tourné à Vancouver en Colombie-Britannique (Canada), et diffusé sur Disney Channel. Racontant l’histoire des descendants des héros et des vilains des films Disney, il contient des séquences jouées, chantées et dansées, à l’instar des High School Musical.
Suite au succès du premier film, une suite a dores et déjà été annoncée par Disney sur le compte Twitter officiel. Prévu pour 2017, Descendants 2 sera à nouveau réalisé par Kenny Ortega.

 


 

Jean-François Gérard
Jean-François Gérard

Jean-François commence sa carrière en Europe où il étudie avec Jack Waltzer et Vernice Klier, ainsi qu’avec d’autres coachs internationaux.

Il suit les Cours Florent à Paris où il étudie l’art dramatique en français et en anglais, et obtient son premier contrat en 2010 dans le doublage alors qu’il tourne en parallèle des courts-métrages. Il poursuit par la suite le cursus Arts de la Scène offert par le Conservatoire du 9ème arrondissement.

Contacté en 2012 par un producteur, Jean-François obtient un petit rôle dans le long-métrage américain « Shadow People », avec Robert Dallas (The Walking Dead) et réalisé par Matthew Arnold. En 2014, il décroche le rôle d’un hipster dans « Puerto Ricans in Paris », avec Luis Guzman (How to Make It in America, Voyage au Centre de la Terre 2 : L’Île Mystérieuse) et Alice Taglioni (Paris-Manhattan).

Il travaille sur de nouveaux projets, aussi bien en voix qu’en écriture et en cinéma.

http://twitter.com/JFrGerard


[Interview] Animateurs – Les Créa(c)teurs De L’ombre

Hotel Transylvanie

 

Cet article a été rédigé par Jean-François Gérard, acteur fraichement revenu de Vancouver, qui a préparé une série d’articles sur l’industrie cinématographique en Amérique du Nord (particulièrement au Canada).

 

ANIMATEURS – LES CRÉA(C)TEURS DE L’OMBRE

Le jeu d’acteur, bien qu’associé par logique aux artistes de la scène et de l’écran, n’est pas la propriété exclusive des comédiens. On le retrouve de temps à autre dans des lieux insoupçonnés, comme chez Sony Pictures Imageworks, le studio d’effets spéciaux et d’animation par ordinateur de Sony, où les animateurs se prêtent parfois à des « références », technique visant à se mettre dans la peau du personnage qu’ils animent. C’est là que nous retrouvons Romain et Laurent, deux animateurs français. Dans le cadre de notre série d’articles sur l’industrie cinématographique à Vancouver, et à l’occasion de la sortie d’Hotel Transylvanie 2 ce mercredi, ils ont accepté de répondre à nos questions. Rencontre avec ces artistes de l’ombre.

Laurent Wach (à gauche) et Romain Digonnet, animateurs chez Sony Pictures Imageworks, posant devant une image d'Hotel Transylvanie
Laurent Wach (à gauche) et Romain Digonnet, animateurs chez Sony Pictures Imageworks, posant devant une image d’Hotel Transylvanie

Être Acteur (Jean-François Gérard) : Romain et Laurent, vous êtes arrivé il y a peu sur la Côte Ouest au Canada. Pouvez-vous nous dire quel est votre parcours et comment vous vous êtes retrouvé à travailler chez Sony ?

Laurent : J’ai fait une école de 3D en France qui s’appelle l’ESRA. C’est à la base une école de cinéma, mais ils ont une option Animation qui est un cursus en 3 ans. A la sortie de cette école, j’ai chopé un stage dans une boite de pub à Paris, puis j’ai été embauché chez TeamTO à Valence. J’ai bossé essentiellement sur des séries télé, ainsi que sur le long-métrage « Gus, petit oiseau, grand voyage ». Tout comme Romain en fait ; on s’est rencontrés chez TeamTO et on a bossé ensemble pendant 5-6 ans. Parallèlement, je suivais une formation sur Internet qui s’appelle iAnimate pour me perfectionner en animation, ce qui m’a permis d’enrichir ma démo, puis j’ai postulé chez Sony et j’ai été pris pour travailler sur Hotel Transylvanie 2.

Romain : En fait, le milieu est assez petit. Tu rencontres des gens dans une boite, puis ils vont aller dans une autre boite ; si celle-ci t’intéresse, que tu cherches du boulot, tu contactes ces personnes, tu leur demandes s’ils cherchent du monde, si tu peux avoir des coordonnées…

L : Les connexions entre animateurs sont plutôt pas mal. On est assez proches, y’a pas beaucoup d’esprit de compétition. On a tendance à être open et à partager.

EA : Et toi Romain, ton parcours ?

R : Moi j’ai fait une école d’ingénieur informatique en France, suivi d’une année d’échange à l’Université de Concordia à Montréal. Pendant cet échange, j’ai pris un cours d’introduction à l’outil 3D en informatique et c’est là que j’ai découvert Maya, l’outil utilisé par la plupart des studios. Il y avait un petit cours sur l’animation et c’est là que j’ai réalisé que j’aimais beaucoup ça. En fait, j’ai fait pas mal de théâtre amateur et c’est ce mélange entre le jeu d’acteur et l’informatique qui me plaisait. Après, j’ai bossé deux ans à Montréal et le soir je lisais des bouquins et des sites web sur l’animation pour apprendre. Je me suis fait une démo et j’ai trouvé un boulot à TeamTO à Valence où j’ai rencontré Laurent et où j’ai bossé pendant 7 ans. Ensuite, j’ai postulé chez Sony et j’ai été pris.

L : Il s’est auto-formé. La classe (rires). Il y a en a pas mal qui s’auto-forment…

R : Oui, il y a plein de trucs sur Internet, c’est assez fou.

L : Je trouve ça assez balèze de le faire tout seul. J’ai pas mal d’admiration.

EA : Est-ce que les français sont reconnus pour leur travail d’animation à l’étranger ?

R : Oui.

L : Apparemment oui…

R : Même si c’est…

L : …mais je ne comprend pas forcément…

R : Moi non plus (rires).

:  Je ne comprends pas très bien. Mais c’est vrai qu’une des premières réactions que j’ai eu de la part des gens que j’ai rencontré chez Sony – essentiellement les américains, australiens, canadiens et néo-zélandais – quand tu dis que tu es français c’est « Oh waw tu dois être trop bon ! ».

R : Je ne sais pas s’il y a tant d’animateurs français que ça qui travaillent à l’étranger. En comparaison, il y a beaucoup plus d’espagnols par exemple. Mais on a la réputation d’avoir de bonnes écoles, comme les Gobelins qui est une des meilleures écoles d’animation au monde. On a des écoles connues ce qui fait que les gens considèrent que les animateurs français sont bons.

EA : Donc vous pensez que la réputation des français est due aux écoles connues surtout ?

L : On a de très bons animateurs aussi.

R : Et il y a le succès de McGuff, le studio français qui a fait « Moi, Moche et Méchant ». Mais dans le métier d’animation, avoir fait une école connue ne va pas t’aider au niveau du recrutement. C’est une réputation qui existe dans les couloirs. Au niveau du recrutement, ils ne regardent que la bande démo et le portfolio.

F : On n’a pas beaucoup de recul là-dessus, mais on nous dit que les français ont, dans la narration, une espèce de style particulier…

R : Je pense que c’est un peu une sorte d’aura qui s’est construite autour de l’animation française et qui est transportée par des écoles comme les Gobelins qui ont leur propre style.

EA : En tant qu’animateur, vous êtes parfois amené à réaliser des « références ». Pouvez-vous nous dire concrètement de quoi il s’agit et comment cela se passe ?

L : En gros, à chaque fois qu’on nous assigne un plan du film, on reçoit des ressources pour nous aider comme l’enregistrement de la voix de l’acteur, une portion du script, le storyboard…

R : Juste pour revenir sur la voix de l’acteur : en France, c’est du doublage ; les acteurs français enregistrent face à l’image. Il y a pas mal de gens qui ne le savent pas, mais ici, pour la version originale, nous recevons toujours les voix des acteurs avant l’animation.

L : On ne pourrait pas animer sans ça, c’est vraiment très important. Et il y a plein de choses qui passent par la voix de l’acteur ; l’attitude, l’émotion qu’il essaye de transmettre… On tente de s’imprégner de ça pour ensuite faire une référence en se mettant dans la peau du personnage et en reproduisant un jeu d’acteur qui correspond à ce qu’on a envie de transmettre le plus clairement possible.

R : Concrètement, tu te mets dans la salle de référence, tu lances le son avec la voix de l’acteur – personnellement je le mets en boucle, mais chacun a des façons différentes de le faire – tu t’imprègnes de l’état dans lequel est l’acteur, ce qu’il dit… Ensuite, tu lances la caméra pour te filmer et tu fais 20, 30… 40 prises en train de le jouer. Tu essayes des trucs différents pour avoir une panoplie de façons de le jouer la plus large possible. Après, tu prends tout ça, tu étudies et tu choisis les morceaux qui te plaisent, et tu déconstruis tout.

L : Contrairement au travail d’acteur, l’animateur a pas mal de libertés dans un premier temps. On n’a pas forcément énormément de directives de la part du réalisateur ; on a juste le cadrage, le décor, et après on peut explorer les idées du comment on a envie de le jouer. Du coup, ça nous laisse le champ pour être créatif.

R : Ça dépend des réalisateurs aussi car parfois il y en a qui sont plus précis sur ce qu’ils veulent.

 

La salle de références est équipée d'un miroir pour permettre aux animateurs de se regarder lorsqu'ils se mettent dans la peau d'un personnage 
La salle de références est équipée d’un miroir pour permettre aux animateurs de se regarder lorsqu’ils se mettent dans la peau d’un personnage

EA : Un travail d’acteur en quelque sorte ?

R : Oui. Quand tu écoutes ton son, tu imagines déjà comment le personnage bouge et ça va te donner des idées. La première fois que tu vas t’enregistrer, tu vas reproduire ces choses là, et après il faut essayer de faire comme un véritable acteur, de juste le vivre pour essayer d’avoir des petits trucs en plus.

L : C’est vrai, c’est super important dans le travail de référence. C’est pour ça qu’on fait 20, 30, 40… parfois 100 prises. Il faut préparer beaucoup au début pour s’imprégner des phrases, mais la bonne prise va commencer à venir quand ce sera naturel et qu’on aura plus besoin de mémoriser ou de réfléchir à ce qu’on va faire.

R : Après, c’est important de préciser que c’est notre façon à nous de travailler et tous les animateurs travaillent de façon très différente. Il y en a qui ne font pas de références et qui ne font que des dessins de poses qu’ils imaginent intéressantes, etc. Il n’y a pas une façon qui est mieux que l’autre ; il y a plusieurs façons d’approcher son plan.

EA : Le travail de référence n’est donc pas obligatoire, mais c’est un outil pour vous aider ?

L : Oui, c’est ça. Ça va aussi varier selon le style du film. C’est à dire que plus le style du film sera réaliste ou semi-réaliste, et plus tu vas être tenté de faire des références.

R : Et plus tu vas t’y coller. Quand tu fais des références, tu étudies ta performance sur la vidéo et tu choisis des positions intéressantes ; tu vas pousser encore plus loin ton personnage et faire des poses plus expressives avec plus de dynamisme que ce que tu as filmé.

EA : C’est une source d’inspiration en quelque sorte ?

R : Oui. Et pour certains plans où tu as une physique très réaliste, tu vas t’y coller vachement et étudier comment tes hanches passent d’un point d’appui à un autre par exemple, alors que pour un film plus cartoon c’est moins le cas. Tu prends des références dans deux cas : pour un jeu d’acteur que tu essayes de retranscrire ou pour une mécanique où tu te demandes comment c’est possible – par exemple quelqu’un qui saute, ou quelqu’un qui pousse quelqu’un d’autre. Dans ce cas-là, tu peux venir avec une autre personne et filmer la référence avec elle. Tu ne fais pas des références pour tous tes plans et il y a des gens qui n’en font jamais. Si le réalisateur ne demande pas à voir de références, tu fais ton travail comme tu veux tant que ça marche.

EA : Quels sont les projets sur lesquels vous avez travaillé dernièrement ou ceux sur lesquels vous êtes actuellement ?

R : Laurent est arrivé sur Hotel Transylvanie 2 et il est maintenant passé sur Angry Birds. Quant à moi je suis arrivé directement sur Angry Birds.

EA : Pouvez-vous justement nous dire quelques mots sur Hotel Transylvanie 2 qui sortira ce mercredi en salles ? Quelle est l’histoire de ce volet ?

L : Il me semble qu’il y a 3-4 ans qui s’écoulent entre les deux volets. Les personnages de Mavis et Jonathan reviennent à l’Hotel Transylvanie après avoir parcouru le monde, se marient et ont un enfant – le petit Dennis – pour le plus grand bonheur de Dracula. La question qui va se poser c’est est-ce que son petit-fils tient plus de l’humain ou du vampire ? Et Dracula compte bien faire ressortir les instincts de monstre de sa descendance…

 

angry birds
Angry Birds, basé sur le jeu vidéo, sortira l’été prochain sur nos écrans

Sony Pictures Imageworks – à ne pas confondre avec Sony Pictures Animation – est un studio d’effets spéciaux et d’animation par ordinateur de Sony Pictures Motion Picture Group.

La compagnie, basée à Vancouver au Canada, est connue pour son travail sur des films tels que Alice au Pays des Merveilles, Les Gardiens de la Galaxie, Captain America : Le Soldat de l’Hiver, The Amazing Spider-Man, Le Monde Fantastique d’Oz, Le Monde de Narnia, et plus récemment Hotel Transylvanie 2.

La division Imageworks travaille actuellement sur Angry Birds, un long-métrage d’animation basé sur le jeu vidéo éponyme, dont la sortie est prévue pour 2016, ainsi que sur Get Smurfy, long-métrage animé mettant en scène les Schtroumpfs et prévu pour 2017.

 

Hotel Transylvanie
Hotel Transylvanie 2 sortira en salles ce mercredi 7 octobre 2015 en France et en Belgique

 

Jean-François Gérard
Jean-François Gérard

Jean-François commence sa carrière en Europe où il étudie avec Jack Waltzer et Vernice Klier, ainsi qu’avec d’autres coachs internationaux.

Il suit les Cours Florent à Paris où il étudie l’art dramatique en français et en anglais, et obtient son premier contrat en 2010 dans le doublage alors qu’il tourne en parallèle des courts-métrages. Il poursuit par la suite le cursus Arts de la Scène offert par le Conservatoire du 9ème arrondissement.

Contacté en 2012 par un producteur, Jean-François obtient un petit rôle dans le long-métrage américain « Shadow People », avec Robert Dallas (The Walking Dead) et réalisé par Matthew Arnold. En 2014, il décroche le rôle d’un hipster dans « Puerto Ricans in Paris », avec Luis Guzman (How to Make It in America, Voyage au Centre de la Terre 2 : L’Île Mystérieuse) et Alice Taglioni (Paris-Manhattan).

Il travaille sur de nouveaux projets, aussi bien en voix qu’en écriture et en cinéma.

http://twitter.com/JFrGerard


 

Comment Ressentir Les Émotions

ressentir les émotions

Dans cet article, je vais partager avec vous une technique pour ressentir les émotions  plus facilement sur scène ou dans la vie.

 

Ressentir les émotions sur scène

C’est normal de vouloir ressentir les émotions sur scène. Après tout, c’est aussi un des plaisirs du métier d’avoir la possibilité d’explorer des émotions variées. Mais il faut bien se rappeler que les émotions ne sont pas le but en soi de la scène. Il est plus important de chercher à atteindre son objectif de scène que de vouloir ressentir les émotions.

C’est votre objectif de scène qui va vous permettre de ressentir les émotions. En choisissant un objectif de scène qui vous touche personnellement, vous verrez que les émotions vont venir automatiquement.

Donc la première chose à faire pour ressentir les émotions sur scène, c’est de bien comprendre la situation et l’objectif du personnage. Sans ça, la technique que je vais partager avec vous ne sera pas très efficace.

 

Être dissocié

Si en général vous êtes peu émotif et que vous avez plutôt tendance à être coupé de vos émotions, alors peu importe si vous avez bien compris votre personnage et son objectif, vous n’arriverez pas à ressentir les émotions.

En langage d’hypnotiseur, on dit dans ce cas qu’une personne est dissociée. Ça veut dire qu’elle vit les choses comme si elle était à distance de son corps et s’observait de l’extérieur.

Être dissocié vous empêche de ressentir les émotions parce que vous êtes trop déconnecté de votre corps. Et les émotions passent avant tout par des sensations physiques. Vous avez besoin d’être plus associé, plus incarné dans le corps.

Être associé

Au contraire, certains acteurs sont très associés et très présents dans le corps. Ils rentrent à fond dans le personnage et leurs prestations sont souvent excellentes. Par contre, ils restent très associés dans leur vie et ont du mal à contrôler leurs émotions en dehors de la scène.

S’associer, c’est être dans son corps et voir les choses de son propre point de vue, en vue subjective. Se dissocier, c’est voir les choses de l’extérieur, en vue objective.

Pour maitriser ses émotions, il est important d’être capable de faire les deux.

Un exercice pour s’entrainer

Il est possible d’entrainer votre capacité à vous associer avec un exercice simple :

A l’endroit où vous êtes, visualisez vous en dissocié, de l’extérieur, comme si vous étiez au dessus de vous. Puis imaginez que vous entrez dans votre corps et ressentez la différence. Faites attention aux distances qui vous sépare de ce qui vous entoure, faites attention à vos sensations physiques. Puis imaginez à nouveau que vous êtes à l’extérieur de votre corps. Vous pouvez voir la couleur de vos vêtements, la forme de votre corps, etc. Puis entrez de nouveau dans votre corps, et ressentez la texture de vos vêtements, ressentez la position de votre corps. Vous pouvez faire comme cela plusieurs aller et retours.

Vous pouvez aussi le faire en observant une autre personne. Observez d’abord cette personne de l’extérieur, puis imaginez que vous êtes dans son corps et que vous voyez les choses de son point de vue.

 

Ressentir les émotions grâce à l’auto-hypnose

J’ai préparé une séance d’auto-hypnose en mp3 basée sur ce principe pour vous aider à mieux ressentir les émotions, que ce soit sur scène ou dans la vie.

L’accompagnement de cette séance vous aidera à utiliser et à intégrer cette technique pour être capable de ressentir les émotions sur scène ou dans la vie, ou vous en détacher si nécessaire. Il y a actuellement une offre qui sera bientôt retirée, profitez en maintenant !

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Peur Du Rejet : Comment La Gérer

peur du rejet

 

La peur du rejet est profondément liée au besoin primitif d’appartenir à un groupe pour s’assurer notre survie.

Quand on s’expose régulièrement aux critiques, qu’on est en permanence en recherche d’un nouveau projet, ou qu’on est dans un domaine compétitif où la sélection est toujours présente, on est sans arrêt confronté au rejet.

Le métier d’acteur est probablement un de ceux où le rejet et la peur du rejet sont les plus présents. Que ce soit dans un cours où votre proposition est rejetée par le prof, que ce soit après un casting où vous n’êtes pas pris, que ce soit dans un projet qui tourne mal, ou que ce soit les mauvaises critiques du public, les occasions de vous sentir rejeté sont nombreuses.

Certaines personnes arrivent à passer facilement à autre chose, se débarrassant de leurs sensations négatives comme on se débarrasse du froid avec un bon bain chaud. Pour ces personnes là, le rejet est accepté comme faisant partie de la vie, et cela ne les empêche pas de se sentir confiantes, d’aller de l’avant et de s’investir dans ce qu’elles font. Elles n’ont pas peur du rejet, et c’est à peine s’il leur arrive de se sentir rejetées.

Et puis pour d’autres, c’est plus difficile. Elles se repassent dans la tête le film du moment où elles se sont senties rejetées, elles se découragent à l’idée qu’elles puissent être à nouveau rejetées et elles finissent par perdre leur motivation et leur enthousiasme. La peur du rejet les bloque et les empêche d’avancer.

Certains abandonnent l’idée de devenir acteur, deviennent manager chez Aldi et vivent une vie bien tranquille où ils seront moins exposés au rejet.

Et puis il y a ceux qui travaillent sur eux, qui apprennent à gérer le rejet et qui foncent avec enthousiasme.

 

Gérer la peur du rejet, ça s’apprend.

 

Pour apprendre à mieux gérer la peur du rejet, il est important de transformer la vision que vous avez du rejet.

Le rejet, aujourd’hui, n’est pas aussi mortel qu’à l’époque où être rejeté signifiait devoir assurer sa survie et aller chasser le mammouth tout seul avec un caillou. Pourtant, il est possible que vous ayez cette sensation, particulièrement si vous avez vécu un rejet traumatisant dans l’enfance.

Vous avez appris à associer le rejet à un danger pour votre survie et c’est cet apprentissage qu’il est nécessaire d’actualiser pour aller au delà de la peur du rejet.

Si vous prenez conscience qu’il y a autour de vous des personnes qui vous soutiennent et qui s’intéressent à vous, vous pourrez déjà commencer à vous rassurer.

Ensuite, être rejeté ne veut pas dire que vous êtes nul ou que vous ne valez rien. Les rejets que vous avez subi proviennent d’une ou de plusieurs personnes qui ont leur propre point de vue sur les choses, leurs propres attentes, leurs propres soucis. Et ce qu’elles ont rejeté, ce n’est pas vous en totalité, mais une partie du travail que vous leur avez montré.

Alors vous pouvez relativiser les rejets que vous avez vécu, et changer la manière dont ces souvenirs sont organisés dans votre mémoire.

Si quelqu’un vous rappelait sans arrêt la situation dans laquelle vous vous êtes senti rejeté, en vous montrant un film ou une image de ce moment par exemple, vous auriez des raisons de vous énerver. En réalité, c’est ce que vous faites inconsciemment en ruminant des pensées négatives sur ce moment.

Vous avez cette image dans votre mémoire, et vous l’affichez en grand. Si vous la bougez ou si vous en changez les couleurs ou la taille, vous pouvez constater que votre ressenti change par rapport à ce moment. De cette manière, vous pouvez la rendre inoffensive comme un vieux timbre poste oublié.

 

L’hypnose est un très bon moyen pour modifier sa perception des choses et apprendre de nouvelles manières de réagir. Cette séance d’hypnose vous guidera à travers ces étapes pour vous aider à mieux gérer le rejet et à dépasser la peur du rejet :

peur du rejet

Mieux gérer le rejet en auto-hypnose