Comment s’entrainer pour devenir acteur de films d’action – Interview de Dolph Lundgren (2/3)

interview dolph lundgren

Dans cet article, vous trouverez la deuxième partie de l’interview exclusive de Dolph Lundgren, star de films d’action, par mon collègue acteur Aléric Flair. 

“Dolph Lundgren – Train Like an Action Hero – Be Fit Forever”, éditions Skyhorse Publishing.

dolph lundgren

Dolph Lundgren, acteur de films d’action d’origine suédoise, à jamais Ivan Drago, le méchant de Rocky IV (1985), film iconique illustrant le dernier round de l’Amérique face à l’URSS. Champion de Karaté, étudiant modèle titulaire d’une bourse d’ingénieur chimiste au prestigieux MIT, il n’aura pas la carrière d’un Jean-Claude Van Damme, Arnold Schwarzenegger ou encore Sylvester Stallone (son mentor), mais il aura su s’établir en tant que figure incontournable parmi ces héros virils émergeant dans les années 80. Les amateurs de films de baston continuent à l’apprécier depuis les années 90, dans des films qu’il réalise parfois lui-même et sortent directement en vidéo, quand ce n’est pas sur grand écran dans les très nostalgiques Expendables.

Son livre de conseils sportifs (Train like an action hero – 2014), comme son parcours au cinéma, intéresseront de nombreux apprentis acteurs, particulièrement ceux rêvant de films d’action.


 

Interview de Dolph Lundgren (2ème partie) : S’entrainer pour être acteur de films d’action.

Aléric Flair – Comment se déroule une semaine typique de l’entraînement de Dolph Lundgren?

Dolph Lundgren – Mon programme personnel change beaucoup, cela dépend de mon emploi du temps. J’essaye d’y inclure trois composantes : premièrement la musculation, pour être fort, pour la structure du corps, la stabilité, la solidité des ligaments et pour prévenir les blessures. Deuxièmement, le cardio-training, pour maintenir le coeur et les poumons en bon état. Et troisièmement la mobilité pour garder une bonne coordination des mouvements.

Je m’efforce de pratiquer la musculation deux fois par semaine, je travaille alors l’intégralité de mon corps. Deux autres jours par semaine c’est le cardio : de la course, du karaté, beaucoup d’arts martiaux, mais aussi de la nage. Et au final, j’ajoute une séance plus “fun” : de la marche, de la course en extérieur ou du vélo. Cela me donne un programme de 5 jours d’entraînements par semaine. La durée des séances peut aller de presque rien, une demi-heure si je suis en tournage, jusqu’à 2 heures si j’ai le temps et la forme suffisants. Pour un film comme Expendables, mes muscles devront être très développés, pendant ma préparation j’enchaînerai 5 jours de muscu.

A.F – A votre avis quelle doit être la priorité du sport dans la vie d’un acteur?

Dolph Lundgren – Que vous soyez acteur, peintre ou électricien, peu importe: le sport devrait faire partie de la vie de tout le monde, cela vous maintient en bonne santé. Pour un acteur il est utile d’avoir un beau corps, d’être mince : à l’écran vous avez toujours l’air plus gras qu’en réalité. Le sport vous permet aussi de garder votre agilité, de bouger gracieusement. C’est important si vous jouez dans des films d’action ou n’importe quel film où vous devez bouger. Le cinéma est un art visuel, les gens vont vous regarder courir, marcher, sauter. Certains acteurs à l’ancienne comme Robert Mitchum ont leur propre façon de bouger, vous pouvez les imiter. Clint Eastwood est également particulièrement attentif à la tenue de son corps. Chez ces acteurs chaque petit mouvement est travaillé, de leur posture à la manière dont ils attrapent un flingue.

A.F – Imaginons que je sois un acteur qui ait pris un peu de gras avec les fêtes de fin d’année – Je ne parle pas de moi bien sur! [Dolph (Rires) Non bien sûr!] – Un réalisateur m’annonce que j’ai une scène « torse nu » dans un mois, il faudra que je sois svelte. Que faire?

Dolph Lundgren – Vous devriez vous lancer dans un mélange de musculation et de cardio-training. La musculation augmente la masse musculaire et la masse musculaire brûle de l’énergie, même au repos. Plus vous avez de muscles, plus vous brûlez de graisse. Je recommande les mouvements de musculations basiques, j’éviterai les petits mouvements, comme ceux pour les biceps, préférez plutôt la presse à jambes, les squats, le développé couché. Pour y parvenir commencez par un échauffement de 8 à 10 répétitions puis 3 ou 4 séries de 5 répétitions. [NDLR: une répétition est un mouvement, une série un enchaînement de répétitions. Par exemple une pompe, c’est une répétition, 10 pompes: une série de 10 répétitions].

Ensuite passez au cardio-training, du vélo peut-être, et après un peu de tapis de course. Il serait bien aussi de nager, c’est bon pour la taille: regardez les nageurs et leur buste taillé en V. Évidemment il faut aussi suivre un régime. Je diminuerais les carbohydrates et j’ajouterais des protéines, par exemple : omelette au petit déjeuner, salade de thon au déjeuner, poulet ou steak le soir.

A.F – Et l’astuce de l’eau? Pour certains films comme Le Scorpion Rouge, vous avez beaucoup diminué votre consommation d’eau pour avoir des muscles bien dessinés.

Dolph Lundgren – Et bien, si vous devez tourner une scène sans votre T-shirt et qu’elle va être immortalisée sur grand écran, cela vaut peut-être la peine de souffrir un peu. Si vous y êtes prêt, commencez à boire moins d’eau 3 ou 4 jours avant, et choisissez des entraînements où vous transpirez, allez au Sauna, ce genre de chose. Au lieu de boire de l’eau prenez du Coca zéro ou du café, c’est diurétique, vous perdrez encore. L’idée est de se débarrasser du liquide entre vos muscles et votre peau, vous aurez ainsi une meilleure définition. Attention: évitez de poursuivre cela trop longtemps, pas plus de 3 ou 4 jours sinon vous allez être malade. [NDLR: nous vous recommandons de consulter votre médecin avant de tenter l’expérience!].

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A.F – Dans Train Like an Action Hero vous consacrez plusieurs pages aux étirements et à la relaxation, le genre de chose où l’on s’ennuie vite, peut-on les supprimer du programme?

Dolph Lundgren – Ouais je sais mais c’est toujours comme ça dans la vie: les choses les plus importantes sont ennuyeuses et demandent de la patience. Tout ce qui est digne d’intérêt est dur. Je pense que les étirements sont d’autant plus importants que vous vieillissez. Avec l’âge tout se rétrécit dans votre corps, les tendons particulièrement, les jointures elles se raidissent, s’étirer est donc important pour ne pas se blesser.

Dans mon cas, la relaxation c’est surtout de la méditation, je médite tous les jours. J’essaye de pratiquer au moins une demi-heure, je vais jusqu’à une heure parfois. Il s’agit simplement d’être assis et calme. J’ai commencé depuis environ deux ans la méditation Vipassanã – ou méditation de “pleine conscience” – elle vient du Bouddhisme.

Du Bouddhisme vient aussi la croyance qu’en s’asseyant, en se concentrant sur son esprit et en laissant les choses venir, on peut gérer les émotions négatives, la colère, la haine, la jalousie, l’avidité, la convoitise… Votre vie devient ainsi plus pure, les journées sont moins difficiles à vivre, votre ego prend moins le dessus. Voilà pourquoi je médite. Vous pouvez vous contenter de 5 minutes: achetez un DVD de méditation et pratiquez 5 minutes le matin ça serait déjà super.

A.F – Si on a envie de s’entraîner chez soi, mais que l’on veut aller au delà du “DL No Excuse Program” quel matériel recommandez-vous d’acheter pour chez soi?

(NDLR: le “DL no excuse program” est un programme d’entraînement sans matériel de 15 minutes à pratiquer n’importe où)

Dolph Lundgren – Oui, achetez du matériel. Parfois je n’ai pas envie d’aller à la salle de sport ou bien un ami ou un coach passe s’entraîner à la maison, alors j’ai ce qu’il faut chez moi. Je vous conseille d’acquérir des haltères avec des poids variables: vous les mettez sur un support et vous choisissez, 15, 20, jusqu’à 30 kg. C’est parfait ça! Avec, vous allez faire des squats, des développés couchés. Si vous achetez une Swiss Ball comme celles des salles de sport, elle vous servira de banc de musculation. Vous pourrez pratiquer les développés couchés dessus, les abdominaux également. Après vous pouvez vous offrir une BOSU Ball, c’est l’équivalent d’une demi Swiss Ball sur un socle, ça vous permet de travailler votre équilibre.

Installer un sac de frappe ou l’équivalent serait bien aussi. Une corde à sauter est également un bon investissement. C’est le meilleur entraînement, c’est génial pour se mettre en forme! Si vous avez un sac à dos et que vous aimez marcher, pourquoi ne pas le charger de 30 kilos et sortir randonner?

A.F – Dolph Lundgren quelle est votre machine favorite à la salle de sport? Et celle que vous n’utilisez jamais ?

Dolph Lundgren – Ma préférée: la cage à squat , c’est l’appareil où la barre tient sur un support et avec laquelle vous pratiquez les squats, les soulevés, les développés couchés, avec la grande barre c’est parfait pour travailler l’équilibre, c’est encore mieux que d’être assis à une machine.

Quant à celle dont je ne me sers jamais, je dirai celle des jambes généralement utilisées par les femmes. Je préfère plutôt les machines classiques pour les flexions des jambes (en mimant le mouvement avec ses doigts).

Les salles de sport sont sympa, vous êtes stimulé par la présence des autres, la musique. Quand vous allez à la salle de sport vous êtes sûr de travailler. A la maison, si vous êtes paresseux, vous aurez beau avoir du matériel, vous n’allez pas vous entraîner pour autant, vous allez plutôt traîner devant la télé.

A.F – Quel est le meilleur moment de la journée pour aller à la salle de sport?

Dolph Lundgren – J’aime bien le matin, avant le petit déjeuner, surtout si je suis très occupé dans la journée. Dans ce cas c’est une séance plus courte: le ventre vide vous n’êtes pas aussi fort, vous êtes fatigué. Toutefois vous brûlez du gras plus facilement à jeun car votre niveau de sucre dans le sang est stable.

Mais d’après moi le meilleur moment pour le sport est deux heures après le petit déjeuner. A cet horaire vous êtes fort, vous avez mangé, et c’est encore le matin. Disons vers 9 heures ou 10 heures.

A.F – Vous parliez à l’instant du niveau de sucre dans le sang. Abordons le sujet de l’alimentation. Dans votre livre vous recommandez l’utilisation de suppléments de protéines. Conseillez-vous certaines marques en particulier ?

(NDLR: les protéines en poudre servent à augmenter l’apport en protéines indispensable pour construire de la masse musculaire).

Dolph Lundgren – Non pas vraiment, il y a des marques différentes dans chaque pays. Mais je recommande les produits à base de protéines “whey”. Je ne connais pas tous les détails mais je sais que la whey contient des acides aminés à chaîne latérale ramifiée (BCAA). Choisissez une avec un goût que vous aimez, car il faudra en avaler 20 à 30 grammes à chaque prise. Vous la trouvez sous forme de pack ou dans des grands pots. Moi je prends en général deux dosettes, soit 20 à 30 grammes par prise. Je la mélange avec de l’eau glacée, une banane, parfois des baies et même de la crème glacée si je l’ai mérité.

C’est un bon remontant après l’entraînement, cela vous évite le coup de barre. Si vous faites de la musculation et que vous ne mangez pas dans l’heure qui suit vous allez vous sentir vraiment fatigué. Je conseille donc de prendre votre shaker de protéines dans la demi-heure qui suit votre entraînement.

A.F – Si l’on ne veut pas prendre de protéines en poudre que peut-on utiliser à la place ?

Dolph Lundgren – Je ne prends pas de protéines en poudre tous les jours, mais plutôt quand je suis pressé. Pour les protéines du matin, j’apprécie les oeufs, surtout le blanc. Les flocons d’avoine en contiennent également beaucoup, particulièrement avec du lait. Pour les déjeuners et les dîners: le thon, la salade niçoise, le poulet grillé, les steaks.

La plupart des gens qui s’entraînent ne consomment pas assez de protéines. Vous devez consommer un à deux grammes de protéines par kilo de poids de corps, donc si vous pesez 80 kilos essayez de prendre au moins 80 grammes de protéines par jour.

Si vous cuisinez une omelette de 3 oeufs le matin c’est environ 20 grammes de protéines, un blanc de poulet à midi 30 grammes, ça fait 50 grammes, si vous mangez ensuite un steak le soir 30 ou 40 grammes supplémentaires, vous êtes à environ 80 grammes pour la journée. Si vous voulez 2 grammes par kilo de poids de corps pour construire de la masse musculaire cela représente donc une grosse quantité de nourriture. 1.5 gramme par kilo est un bon compromis.

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– Interview de Dolph Lundgren partie 1 –

– Interview de Dolph Lundgren partie 3 –

Retrouvez l’intégrale de cette interview de Dolph Lundgren en anglais dès maintenant.


 

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Interview exclusive de Dolph Lundgren (1/3)

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Dans cet article, j’ai la chance d’accueillir une interview exclusive de Dolph Lundgren, star de films d’action, par mon collègue acteur Aléric Flair. 

“Dolph Lundgren – Train Like an Action Hero – Be Fit Forever”, éditions Skyhorse Publishing.

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Dolph Lundgren, acteur de films d’action d’origine suédoise, à jamais Ivan Drago, le méchant de Rocky IV (1985), film iconique illustrant le dernier round de l’Amérique face à l’URSS. Champion de Karaté, étudiant modèle titulaire d’une bourse d’ingénieur chimiste au prestigieux MIT, il n’aura pas la carrière d’un Jean-Claude Van Damme, Arnold Schwarzenegger ou encore Sylvester Stallone (son mentor), mais il aura su s’établir en tant que figure incontournable parmi ces héros virils émergeant dans les années 80. Les amateurs de films de baston continuent à l’apprécier depuis les années 90, dans des films qu’il réalise parfois lui-même et sortent directement en vidéo, quand ce n’est pas sur grand écran dans les très nostalgiques Expendables.

Son livre de conseils sportifs (Train like an action hero – 2014), comme son parcours au cinéma, intéresseront de nombreux apprentis acteurs, particulièrement ceux rêvant de films d’action.

Extrait audio de l’interview :

 


 Interview de Dolph Lundgren, (1ère partie).

Aléric Flair – Dolph Lundgren, votre livre, Train Like An Action Hero (d’abord sorti sous le titre Fit Forever en Suède), est à la fois une autobiographie et un guide de conseils sportifs, pourquoi avoir combiné les deux ?

Dolph Lundgren – (Rires) Eh bien, un jour on m’a proposé d’écrire une autobiographie. Moi j’avais depuis longtemps le projet d’un manuel de fitness. J’y ai réfléchi et je me suis dit que je pouvais combiner les deux. Après tout, l’entraînement a été une part capitale de mon existence. Aujourd’hui ce livre raconte mon aventure hollywoodienne au fil des pages d’un manuel sportif. J’y décris comment le sport a pris une telle importance pour moi, comment il m’a littéralement sauvé la vie.

A.F – Comment le sport vous a t-il sauvé la vie ?

Dolph Lundgren – Quand j’étais enfant mon père avait des tendances maniaco-dépressives. Ça le rendait violent. Il avait pris l’habitude de me frapper ainsi que ma mère. C’était dans les années 60. L’enfant que j’étais n’avait nul part où se réfugier. Ma confiance en moi en a pris un coup. J’empruntais alors une mauvaise voie : je traînais avec des mecs qui volaient des mobylettes et buvaient. La plupart d’entre eux ont fini en taule ou en terre… C’était dans les années 70. Heureusement la découverte du sport m’a sauvé et permis de surmonter les doutes et la dépression dans lesquels j’étais plongé à cause de mon père.

A.F – Étudiant vous êtes passé par le M.I.T de Boston pour achever vos études d’ingénieur chimiste. Votre formation scientifique vous a t-elle aidé à rédiger la partie entraînement de votre livre ?

Dolph Lundgren – Les études sont toujours utiles, elles vous donnent de la perspective sur le monde. Poursuivre des études élargit vos centres d’intérêts, c’est un avantage non négligeable dans la vie. L’influence de ma formation d’ingénieur chimiste sur mon entraînement ? Tout d’abord sachez que vous n’avez pas besoin d’être ingénieur pour être un bon athlète! (Rires) Mais cela dit, j’ai utilisé mes connaissances pour créer mes programmes sportifs. J’avais une approche relativement scientifique: j’essayais quelque chose, je voyais comment cela affectait mes performances, puis je changeais une variable. Je faisais plus de cardio ou plus de musculation et j’observais le résultat. Aujourd’hui c’est toujours une démarche que j’essaye de garder à l’esprit.

Dolphlundgren

A.F – Comment votre programme a t-il évolué depuis les années 80? Avec l’expérience l’avez-vous modifié ?

Dolph Lundgren – Malheureusement, “l’expérience” veut aussi dire que vous vieillissez! (Rires) Je m’entraînais terriblement dur dans ma jeunesse. Aujourd’hui je dois garder à l’esprit le temps de récupération. Les semaines où je ne suis pas en train de tourner un film je peux me reposer plus facilement, je m’entraîne alors plus longtemps, plus intensément, je travaille l’endurance. Avec l’âge il est souhaitable d’éviter les blessures, car plus ça va plus il vous faudra de temps pour récupérer. Je veille donc à ne pas aller au maximum de mes performances, c’est là que les blessures arrivent… Je m’entraîne à environ 80% de mon maximum.

 

A.F – Votre livre avait pour titre au départ “Fit At Forty” (Etre en forme à quarante ans), peut-on l’utiliser à tous les âges ?

Dolph Lundgren – (Rires) Le livre devait s’appeler Être en forme à quarante ans, mais il a mis 10 ans de plus à s’écrire. Oui, je pense qu’il est valable pour tout le monde. De nos jours il existe beaucoup de machines sophistiquées, de programmes de musculation, de suppléments alimentaires, mais au fond le sport est quelque chose de simple et primaire. J’imagine qu’il y a deux mille ans les gladiateurs faisaient déjà des pompes, courraient, sprintaient, levaient des charges lourdes, et montaient des marches… certaines choses ne changent pas. Et puis j’essaye de proposer des programmes d’entraînement variés, avec du choix pour que cela ne devienne pas ennuyeux.

A.F – Peut-on conseiller Train Like an Action Hero à une femme ?

Dolph Lundgren – Je pense, oui! Il y a de chouettes photos à l’intérieur! (Rires) [NDLR: le livre contient de nombreuses photos torse nu de Dolph Lundgren à l’entraînement]. Hommes et femmes sont relativement proches physiologiquement. Les différences apparaissent surtout sur certaines zones du corps : les mecs prennent du gras autour de la taille et les filles plus sur les jambes et les cuisses. C’est génétique, nos compagnes sont bâties pour porter des enfants, la graisse s’accumule dans certaines régions en raison de cela. Mais concernant l’entraînement les deux sexes sont similaires. Dans certains sports extrêmes on rencontre certes moins de femmes, mais on en trouve tout de même. Ma fiancée par exemple est championne de karaté Kyokushin (karaté de contact). Donc oui, donnez-le aux femmes. Évidemment !

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– Interview de Dolph Lundgren partie 2  –

Retrouvez l’intégrale de cette interview de Dolph Lundgren en anglais dès maintenant.


 

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Pourquoi j’ai décidé d’arrêter le piratage ?

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Il suffit de connaître les bons endroits où chercher, et en quelques minutes, on peut avoir accès gratuitement à n’importe quel film ! C’est un peu la promesse du piratage en ligne, et j’avoue en avoir profité pendant de nombreuses années. Pourtant, j’ai décidé d’arrêter. Voici pourquoi :

 

Les pouvoirs du subconscient

 

Vous avez sans doute déjà entendu parler du subconscient. En gros, c’est la partie de nous même qui gère tout ce qui se passe dans notre corps et nos comportements dont nous n’avons pas conscience. En fait, le subconscient gère toute notre vie. Son fonctionnement est simple : il reçoit des suggestions du monde extérieur ou de notre conscience et il réagit en conséquence.

Donc il va créer des événements, des circonstances, des pensées et des ressentis qui correspondent aux suggestions qu’on lui a données. Vous suivez ?

Alors pourquoi je parle de ça maintenant, et qu’est-ce que ça a à voir avec le piratage ?

 

Les 2 suggestions inconscientes du piratage

 

Pirater un film ou une série, c’est un acte qui alimente aussi notre subconscient. Il y a un message, une suggestion qui est envoyée à notre subconscient à chaque fois qu’on le fait. Et cette suggestion va produire des résultats correspondants.

 

Cette industrie créative ne vaut pas le coup qu’on paye, et je ne mérite pas d’être payé

C’est une des suggestions qui peut être envoyée au subconscient. Si je pirate un film, c’est parce que je crois que ça ne vaut pas le coup de le payer et de récompenser les personnes qui ont travaillé à sa création. Donc ces personnes ne méritent pas d’être payées, donc je ne mérite pas non plus d’être payé pour le travail créatif que je fais dans cette industrie.

Aïe… ça c’est une suggestion qui fait mal. Autant éviter de scier la branche sur laquelle on veut monter non ?

 

Je suis pauvre et je n’ai pas les moyens de payer

 

C’est encore une suggestion négative qui empêche notre subconscient de s’orienter vers l’abondance. Surtout qu’aujourd’hui, il y a Netflix et que ça donne quand même accès à un énorme catalogue en illimité pour le prix d’un repas (et le premier mois est offert).

Il y a aussi les bibliothèques et les médiathèques.

 

Voilà pourquoi j’ai décidé d’arrêter le piratage et de réorienter mon subconscient vers des pensées plus positives, comme « je mérite d’être payé pour mon travail créatif » ou « j’ai les ressources nécessaires pour réaliser mes rêves ».

 

 

Et vous, quelles sont les pensées inconscientes qui vous soutiennent ou qui vous bloquent dans votre parcours ?

 

Dolph Lundgren, Train Like an Action Hero. Interview. English

Dolph Lundgren, action star, answers all our questions in this exclusive interview.

“Dolph Lundgren – Train Like an Action Hero – Be Fit Forever”, Skyhorse Publishing 2014.

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Dolph Lundgren: Train Like an Action Hero: Be Fit Forever on AMAZON

Dolph Lundgren, action film actor from Sweden, will forever be Ivan Drago, the bad guy from Rocky IV (1985), an iconic Cold War film where the US fights the last round against the USSR. Karate champion, recipient of a Fulbright scholarship to study chemical engineering at MIT, he became one of the most prominent of the 80’s action heros, although less present than Jean-Claude Van Damme, Arnold Schwarzenegger, or his mentor Sylvester Stallone. Fans of actioners like ourselves have continued to follow him with devotion since the 90’s in films he sometimes directs himself, and recently in the old-school Expendables franchise.

His book of training tips (Dolph Lundgren – Train like an action hero – Be Fit Forever – 2014) will certainly interest aspiring actors, especially those dreaming of action roles.

Aléric Flair: Your book is an autobiographical and fitness book – why did you combine biography and training tips?

Dolph Lundgren: (Laughs) Well, I combined the biography with the training tips because originally I had an offer to do a biography, and I had always wanted to do a fitness book, for about twenty years. When I started thinking about it I thought, since training has been such a big part in my life I can combine both. I can get some of my story and how I got into Hollywood into the workout book. So in the book I start telling the story of how fitness became a big part of my life, changed my life, and kind of saved my life, and I take it all the way through my Hollywood adventures.

Can you tell us more about sports saving your life?

Dolph Lundgren: The way it started was that, when I was young, I had big problems with my dad. He was kind of a manic-depressive and very violent, and he used to beat me when I was a kid, he used to beat my mom as well. This is back in the sixties. There’s really nowhere to go as a child, when you’re kind of on your own, it gave my self-confidence a big knock, and I was somewhat going in the wrong direction in life: I was hanging out with guys who were stealing motorcycles and drinking a lot. A lot of these people that I hung out with ended up either in jail or dead, this was in the seventies… And then in my case, I got into sports and it saved my life in one way, because it was a way for me to get out of my self-doubt and that depression I was in because of my dad.

So later you went to MIT, to study chemical engineering, did your education help you to create your workout programs?

Dolph Lundgren: Education, I think, is always a good thing because it makes you understand life more, it gives you a perspective on life, how things work and why we are who we are. It gives you a bit of history, natural science teaches you why things work the way they do and how the world works, and that gives you an advantage sometimes because you have other interests. And as far as chemical engineering and training goes, you don’t have to be an engineer to be a good athlete (laughs) but I used to use it quite a bit when I was training because I would be very scientific about things: I would try something and see how it affected my performance, then I would change one variable, I would do more running or more weights and see how that changed it, so I approached it quite scientifically. I guess I still do to some extent. So it’s helpful.

And did your program change with your life experience, is the program the same now as it was in the 80’s?

Dolph Lundgren: Unfortunately the life experience is that you get older (laughs). I was training extremely hard when I was younger but now it goes up and down, sometimes I train really hard, like now for instance. I’m not filming so I can train more, and I try to train longer, work in more endurance, more straining stuff, but I always have to keep in mind the recovery time. And as you age it takes longer to recover and you don’t want to get injured, because if you do it takes longer to get well again. I think that’s the big difference, that I have to watch out for pushing into my maximum performance intensity, because at that level when you’re right at your peak, that’s when you think something can break, so I try to stay away from that. Maybe 80%.

So your book originally was « Fit at Forty », but does it work for every age, and gender, can women use it?

Dolph Lundgren: (Laughs) The book was supposed to be « Fit at Forty » but it took ten more years to finish it. I think it works for everybody, fitness is very basic, there is a lot of complicated equipment now, and different workout routines, and different supplements, but it’s pretty much very basic stuff. The gladiators, two thousand years ago, I bet they were doing push ups, probably running, doing sprints, lifting weights, doing steps, I mean there are some things that will never change. And I try to make my workout programs very varied to give people ideas and various options so that it doesn’t get boring.

So can we give the book to women too?

Dolph Lundgren: I think so, there’s some pretty nice pictures in there! (laughs) [Note: The book contains many photos of Dolph Lundgren training bare-chested.] There’s not that much of a difference, it’s just in certain areas, like men end up putting on weight around the waist more, and women put it on their legs and thighs, because of genetic factors. Women are supposed to give birth to children, that’s why the weight goes around certain areas, for men it’s a different thing. But I think as far as training it’s pretty much the same, men and women are very similar. Some extreme sports like contact karate, not so many women do them but they can, my girlfriend is a karate fighter. So yeah, give it to women for sure.

Can you describe a typical week of training using your program?

Dolph Lundgren: My program changes a lot depending on what I have to do. Basically I try to include three different components. One is weight training, it’s the core, for your stability, your muscles, to keep your body strong, your ligaments, and prevent injuries. Then you have cardio-vascular training, to keep your heart and your lungs in good condition. And then you have mobility training, to keep coordination in your movements. I usually try to do weights about twice a week over my whole body. Sometimes, if I’m shooting a big movie like an Expendables picture where I have to look buffed up, I’ll do weights five days a week. And for the cardio it could be running, or it could be karate, in my case martial arts a lot, swimming or hiking or something, I’ll do that twice a week. Then I may throw in another fun workout like a hike, a walk, or biking on one day, so I work out four or five days a week in all. My workouts can go from a little to a lot, if I’m filming it can be half an hour in the morning just to get going, up to two hours if I’m not shooting and I feel strong.

To give advice to actors, what priority should sports have in their life?

Dolph Lundgren: I think in anybody’s life, sports should be a part of it because it keeps you healthy. So I think that’s important to remember whether you’re an actor, a painter, or an electrician, it doesn’t matter. But for an actor it’s always nice to have a nice body, to be slim. You put on a little weight on film, so you want to keep your body slim and keep your mobility so you can move gracefully, especially if you do some kind of action movie or thriller where you have to move. Film is a visual medium so people watch you when you’re moving, when you’re walking… Some of the older actors were great at that, like Robert Mitchum or Clint Eastwood: they have a certain way of moving that you can imitate. They are very aware of their body posture, how they pick up a gun, every small movement is important.

Let’s say I’m an actor, I got a little fat after Christmas and Thanksgiving, not speaking about me, of course (Dolph laughs: “of course!”). A movie director tells me that I have a shirtless scene in one month and he wants me to look good, what can I do for that?

Dolph Lundgren: You should do a combination of weights and cardio, because the weights build more muscle mass and the muscle mass burns more energy, even when you’re not training. The more muscles you have, the more energy you burn, so you need to do weights and I would choose the more basic weight movements. I wouldn’t do any small movements like for your biceps, I would just do leg presses or some squats, bench presses, those types of movements. To warm up do about 8 to 10 repetitions, and then you can go to about 5 to 6 reps, 3 or 4 sets. And then I would do cardio, like the bike, and after that you can do the treadmill. And what’s really good to get slim around the waist is swimming, it’s great for the waist: look at swimmers, they all have a V shape. And of course in your diet, I would cut out carbohydrates and eat more proteins: omelet for breakfast, tuna salad or something for lunch, and you can have chicken or a steak for dinner. How about that?

What about the water thing? For Red Scorpion, you cut down on water a lot in order to get ripped. Can we do that?

Dolph Lundgren: Well, if you have to do a scene with your shirt off and it’s going to be immortalized forever on the big screen, you might as well suffer a bit! (laughs) In that case, three or four days before the scène you start drinking less water and do training where you sweat, going to the sauna, that kind of thing. Instead of drinking water you can drink diet coke or coffee, which is diuretic so you lose more water. That way you lose the water between your muscles and your skin, so your muscles get more defined. But you don’t want to do it for too long, maybe about a week, otherwise you’ll get sick afterwards. [Note: A doctor’s advice is strongly recommended before attempting this.]

In your book you devoted several pages to stretching and relaxation. That could be boring to do, so can we cut that out in training?

Dolph Lundgren: It’s always like that in life, the most important things are boring or require patience. Anything that’s worthwhile is always the hardest. I think stretching is very important as you get older because in your body everything gets shorter, all the tendons, all the joints get stiffer so stretching is very important to avoid being injured. And relaxation, for me it’s more meditation, I meditate every day. I try to do at least half an hour but I can do an hour sometimes, and that’s just sitting still, that’s a whole different ballgame. That’s something I’ve started in the last couple of years. It’s called Vipassanā meditation (or mindfulness meditation), it’s from Buddhism. Basically from Buddhism comes the belief that sitting down, focusing on your mind and watching things come up permits you to deal with anger, hate, jealousy, greed, and lust: the negative human emotions. You’re dealing with those as you sit there, and then life becomes purer and you don’t suffer as much through the day, your ego doesn’t take over so much. I try to do half an hour. But you can buy an attention DVD and do five minutes in the morning. It’s pretty good.

If we want to work out at home and do more than the « DL no excuse program » from your book, do you recommend buying additional equipment for the home?

Dolph Lundgren: Sure, I have stuff here, because sometimes I don’t feel like going to the gym, or I’ll have a trainer come to work out or a friend of mine. You can buy dumbbells that are selectorized, put them in a stand and dial in 10 pounds, 15 pounds, those are quite good. They go up to about 75 pounds I think, so you can do squats, bench presses. You can get one of those Swiss balls, those big balls they have in the gym, you can use them instead of the bench. You can do bench presses on the ball, sit-ups on the ball. You can get one of those BOSU balls that is like a half a ball on a stand, which is good for balance work. Also if you want to get a (punching) bag you can do that; skipping rope is good, it’s the best training, great for getting in good condition. Another thing you can do is, if you have a backpack and like hiking you can load it up with 65 pounds and walk up a mountain with that!

Which machines are your favorites in the gym and which do you never use?

Dolph Lundgren: My favorite is the squat rack, that’s the rack where the barbell sits so you can do squats, deadlifts, bench presses, it’s a long barbell so it makes you keep your balance, that’s always better than sitting on a machine. So that’s my favorite. I don’t know what I never use, but there are some machines for your legs that girls use, those types of machines I don’t use very often. The regular leg machines [mimics legs with his fingers] are good for the extension of your curls, on the backs of your legs. Gyms are fun because there are other people there so you get a bit of a kick from the people, from the music, the fact that you went to the gym means that you will work out. If you have this stuff at home and you are lazy then you’re not going to train because you might as well watch TV or some other thing, so why not go to the gym and train?

Dolph Lundgren: When you have a choice, what time is best to go to the gym?

Dolph Lundgren: I like to get it done in the morning if that can happen. If I’m really busy I’ll do it before breakfast, I’ll do a shorter workout because you’re not as strong and you’re a little tired, but on the other hand your blood sugar levels are very stable so you burn fat very easily before breakfast. Otherwise I think the best time to train for me is about two hours after breakfast because then you’re strong, you’ve eaten, it’s still the morning, say around about 10 o’clock or so is the best time, 9 or 10 o’clock.

You were speaking about blood sugar levels, let’s talk about nutrition. In your program you include a lot of protein shakes, do you recommend certain brands?

Dolph Lundgren: Not really because there are different brands all over the world, but usually there is a type called whey protein. Whey protein has the branched-chain amino acid, that’s usually the best one. It’s also important that you like the taste because you need about 20 or 30 grams of protein, either in a pack or you can get the big jar. I usually use one or two scoops, and I mix it with ice cold water from the fridge and a banana. Sometimes I’ll put some berries in there and maybe ice cream if I feel like I deserve it. It’s a quick kind of “pick me up” after you train, so you don’t get that slump, otherwise if you lift weights and you don’t eat for say an hour, you start getting really tired. I think it’s a good time to have it within half an hour after working out.

If we don’t want to take protein powder, what can we eat instead?

Dolph Lundgren: I don’t take protein powder every day, but sometimes when I’m rushing I’ll do it. I like eggs or egg white in the morning for protein. Oatmeal is a great source of protein, especially if you make it with milk. Tuna is good, salade niçoise, grilled chicken… steak is good too. I think that most people don’t eat enough protein if they’re training. You’re supposed to have one or two grams per kilo of body weight, so if you weigh 80 kilos you’re supposed to eat 80 grams of protein a day. So if you have a three-egg omelet that’s about 20 grams, and a chicken breast, that’s about 30, so you’re at 50, and if you have a steak that’s probably 30-40 grams, so that’s about 80… That’s if you have one gram per kilo but if you want two of course you need twice as much. Around 1.5 (grams per kilo) is good.

Let talk about movies. You have directed five films. When you direct, do you ask your actors to follow a specific training regimen?

Dolph Lundgren: Not really. I haven’t directed any movies about athletes. If you play an athlete, or somebody who has special skills, then it’s really good if you can practice those skills. Of course if you play a police officer or a uniform cop, then maybe I will ask you to train with real cops, just to see what it’s like to go shooting real guns with live ammo. If you fire live ammo you have a certain respect for the weapon and you don’t hold it a certain way, you never point it at anybody when you pick it up to check it. Some actors haven’t done these kinds of things, and so they handle the weapon a bit carelessly. I haven’t directed movies about boxers, runners, or martial artists, but if I did then I would ask people to train.

About that, when a boxer or a martial artist is hired to play in a movie, will he have to learn specific skills to move in front of a camera? Or is it the same?

Dolph Lundgren: You have to learn a new skill. A real boxer keeps everything very tight [Dolph puts his arm in front of him, in a realistic boxer posture] because they don’t want to get hit, so everything is quite small. If you throw a left hook in real life, you would just do that [Dolph demonstrates a blow close to the body]. In a movie, you want to show it more to the camera, make it a bit bigger [Dolph does a wide hook]. So that’s what you would have to teach a boxer, and also how to take a punch. In boxing you don’t want to take a punch because it’s a real punch. In fake boxing you have to watch the fist and snap your head, so you have to work your neck [Dolph demonstrates the move]. There are some skills that I learned early when I did Rocky IV – for five months I was doing it with Sly, before the movie, and then another three months during filming. I’ll never forget that. So yeah, even if you’re a good fighter it can be difficult to do it on film sometimes.

Is it important for you that martial arts are realistic in the movies or does it just have to entertain people?

Dolph Lundgren: That’s a good question. It depends on the genre of the picture. Obviously a real street fight is over in 10-15 seconds maximum. And it’s never going to go to the ground where you roll around in chokeholds, because usually there is somebody else around. In most real situations somebody will hit you with a chair or drag you off the other guy. I haven’t done many movies where the fighting is very realistic, but I think it would be a real challenge to keep it just the way it would be in real life. It would be cool and I don’t know how people would react to it. A lot of movies I’ve done are sort of in-between. I haven’t done superhero movies where people do five backflips and get kicked twenty times in the head and there is no blood. I have done mostly movies that are in-between, where you try to get closer to realism but you still take some dramatic license to entertain your audience.

Let’s talk about acting. Besides physical preparation, can you tell us about preparing for the Gunnar character in the Expendables franchise?

Dolph Lundgren: Sure. That was a great role because it was well-written and it had a lot of color. I play a tough guy who is very loyal in one way, but he is also crazy, he has some substance abuse problems and a kind of emotional imbalance. So it’s fun to work on a character like that because you have a lot of things to work with. Sometimes I try to find a monologue. Film dialogue is short, usually. Not always, not with Tarantino (laughs), where you have big monologues! But in most film scenes I only say one or two lines at a time. In order to warm up the character you want to have more dialogue, so I would try to find a monologue. For instance with Gunnar, it was from a play called Hurlyburly (http://en.wikipedia.org/wiki/Hurlyburly), of which I had seen (the movie) with Sean Penn many years ago. He plays a drugged-out, coked-out, crazy guy. It’s about three guys in an apartment and basically all they do is smoke pot, do coke, and talk about chicks. So I found a little monologue that I could do to get me in that kind of wild crazed state. I used that for some of the scenes, and for other scenes I would find some other contrasts for the guy when he is very still, doesn’t move much at all and kind of just sulks. Because he was very, very verbal and kind of crazy: “arrgghhhh!” [Dolph plays the guy getting crazy], but in other scenes I tried to keep him where he is just, « you don’t trust me? » [Dolph plays bland, stoned Gunnar] and he is very soft. So that was a fun character to work on, sometimes they are not that well-written. It’s hard to find a role that excites you and makes you think it’s fun to play the character. Whether he is a bad guy or a good guy, or a tragic character, it has to be fun for the actor. You could do a crazy accent or something, that would be fun.

Do you work by yourself or do you use an acting coach?

Dolph Lundgren: Sometimes I use an acting coach. Sometimes I find it very good to work with other actors. Because it’s like sparring. You work on a character yourself, and then you want to try with other actors and see what they say. Because actors are quite smart and they always have good ideas, like « what do you think of this » or « what if I try this » and they’ll say « yeah, yeah that’s great, that’s a good idea »… So what you want to do is to show up on set with a few different ways of doing it. You have one way that you like a lot, and you also have some secrets, some shit that you’re going to pull out of the bag that the other actors don’t know about, and that you haven’t told the director about either, unless it’s a prop that you want, then you have to tell him. Then it’s fun to come on set because you’re really prepared and you have various ways you can go. Maybe the director will say something totally different but usually, whatever he says or she says, you can always use what you’ve worked on.

Of all your movies, which character was the closest and which the furthest from you?

Dolph Lundgren: (Laughing) Oh shit! Well, it’s all me! They are all very close because it’s me doing it! But as you grow, you change as a person, we all change with age; you’re not the same now as when you were eighteen. The Rocky IV character – that’s an iconic character, Ivan Drago – is very much like Dolph Lundgren coming to Hollywood and seeing all this stuff for the first time, like he just came to America. It was very clever of Stallone, he does that for his own characters. Rocky is not the same Rocky in the first one – he’s goofy, funny-looking nose, a bit fat – as in Rocky III, where he’s living in a fancy house, he’s got a Rolls Royce, he’s got the best suits, his face looks great, his nose is straight, so he changes. But I think that first character, Drago, was very much like me in many ways, even though he wasn’t a chemical engineer and he didn’t say much! (Laughs). There is a character I play in Skin Trade, which is a movie I just did. I play a cop who has to deal with human trafficking. In a lot of it he’s dealing with young girls being trafficked, and there are some scenes where I used my daughters. I was imagining what it would be if they were in there, in that cage, and I think those scenes were quite powerful. That shows a different side of me that you haven’t seen much before. So those were close to me, now let’s see which weren’t like me. Well, Gunnar Jensen, especially in Expendables 2, is this kind of drunk thug who just kills people and has about two brain cells, I think that’s far from me! (laughs) He doesn’t have very much in terms of sophistication, let’s put it that way! But he was fun to play too!

And the Universal Soldier character, he was kind of a very cold guy?

Dolph Lundgren: Oh yeah, Universal Soldier… that’s like another crazy guy, not very much like me either. I don’t know what he is, he is some kind of machine…

Which famous athlete, dead or alive, would you like to see in a film? People you would dream about?

Dolph Lundgren: Let’s see, who are my favorite athletes… Muhammad Ali was a great athlete. He’s not dead, but he can’t be in a movie now because he’s too old. Some of the athletes from the old days were pretty tough. There is one guy I was “googling” about the other day because I read a book about Roald Amundsen and going to the South Pole. He discovered the South Pole in 1911, so it’s a hundred years ago. And he had these skiers with him. They had to ski one thousand miles, just think about that! They had no maps because nobody had been there before. These two guys were ski champions from Norway, they lead the pack, they never complained, they just skied a thousand miles, thirty-forty miles a day. When they got to the South Pole, in order to determine his position Amundsen had to send these guys out, say, 30 kilometers, to measure with a sextant the height of the sun so he would know that he was really at the South Pole. One snowstorm and they were dead, they could never find their way back because the only way was to follow the track. These two guys went out there, didn’t ask any questions, came back of course, survived, went back to Norway… Both of them lived quite a long time, I think one of them died in the eighties, so that means when I was around. And when you see pictures of the guy, his face looks like it’s made out of marble, his cheekbones, and you just know that nobody today would have the condition to do what those guys did, no one I don’t think, in the whole world. Those guys are really cool to me.

Last question, besides reading the Dolph Lundgren book in order to get training advice, are there any other actors we can look to for a good lifestyle and training model? You were speaking about Mitchum…

Dolph Lundgren: Well, Robert Mitchum was a cool guy but he went to jail many times, he was smoking too much pot and beating people up, so I don’t know about him! There is one guy who is a good example: it’s Clint Eastwood. He was never a great athlete but he was always in good shape. When you watch his old movies, he was in great shape: he ran, he trained, he lifted weights all the time. He looked great in his sixties, did a romantic part with Meryl Streep when he was 65, and he still makes movies. And every movie is a tough experience, so you know the guy has been through a lot. He’s kind of low-key, never been much in any scandals, seems to be doing well up and into his eighties. I don’t know if he drinks, I know he doesn’t smoke. He’s a good example. Stallone also, he’s in pretty damn good shape for a 68 year-old. You can talk to him about any new rock band, any new movies, he knows everything, it’s like talking to a young man…

Is there one last thing you want to say to the young and aspiring actors of etreacteur.fr about your book?

Dolph Lundgren: (Thinks) Well, I hope that my book can be a bit of an inspiration, you know how everybody has hardships to go through and I had mine, and sometimes I enjoyed being with people in the same situation as me, because it gave me some clues how to get out of it, and I hope I can give some young actors and people that want to be in the business some clues, how to stay at it and not give up, that’s the most important. Patience and perseverance are the most important qualities to make it in show business, talent is good but it’s not enough.

Thank you very much on behalf of the readers of etreacteur.fr.

Dolph Lundgren: Thank you very much! A pleasure, good questions!

dolph lundgren

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Comment devenir acteur : interview de Giles Foreman, coach d’acteur

giles foreman comment devenir acteur
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Crédit photo : gfca, Files Foreman Centre for Acting

 

 

Comment devenir acteur : Interview de Giles Foreman

Giles Foreman est un coach d’acteur avec qui j’ai eu l’occasion de travailler à plusieurs reprises. Son travail est libérateur et la palette variée d’exercices qu’il propose permettent aux acteurs de dépasser leurs limites tout en restant dans un cadre de travail sécurisé. J’ai personnellement travaillé sur plusieurs des exercices qu’il propose et sa façon de guider les acteurs avec assurance et douceur fait des miracles. Sa grande connaissance des classiques et sa faculté à raconter les histoires de ces personnages monumentaux de la littérature nous ouvre les portes de références culturelles trop souvent négligées par ceux qui veulent devenir acteurs de cinéma.

 

Binh : Bonjour Giles, Comment ça va ?

Giles Foreman : Ça va, enfin je pense que ça va, je viens tout juste d’atterrir ! Je suis de retour à mon quartier général ! Sous le sol de Soho ! Je suis dans la version londonienne du studio. C’est en sous-sol, sous le parc central de Soho, qui est, tu sais, à Londres, la zone qui vit 24h/24. Et nous on se cache dans notre petit oasis de jeu, sous toute cette décadence.
Binh : Alors je voudrais te poser quelques questions, très simples, sur le jeu d’acteur et ce que tu fais pour les acteurs. Donc ma première question serait :

Quelles sont les qualités nécessaires à tout acteur ?

Giles Foreman : Oh mon dieu, ok, il y a beaucoup de types d’acteurs différents, donc il y a beaucoup de types de qualités différentes, mais je pense que le dénominateur commun est, bien sûr, l’imagination. Car c’est un art. Ce sont des artistes. Donc tu as besoin, plus que n’importe quoi d’autre, d’une imagination puissante et développée.

Mais ensuite il y a aussi d’autres choses, comme le fait que les gens doivent être très libres, très instinctifs, être capable d’être incroyablement ouverts, d’être capable d’être privés en public, d’être privés tout en étant observés par le public afin que les gens puissent entrer en empathie avec eux.

Je pense que les acteurs doivent être intelligents, je sais que beaucoup de gens ne pensent pas cela, mais je pense qu’il faut avoir la capacité de vraiment pouvoir plonger dans un texte, vraiment comprendre le texte.

Et ensuite, ce sont ces étranges créatures qui combinent l’intellect et l’instinct. Ils doivent être capable d’avoir les deux, et c’est très particulier car d’habitude nous avons des intellectuels qui laissent à part l’instinct, ou bien ces créatures à l’instinct sauvage qui ne comprennent pas l’histoire qu’ils racontent.

Donc vraiment le bon acteur est celui qui parvient à combiner les deux, selon moi. Et ensuite tu as besoin d’un corps, tu dois être capable de bouger et de te transformer physiquement, et tu as besoin d’un ensemble d’autres talents aussi.

Ce sont en gros des choses qui se doivent d’être développées, c’est pour cela qu’on se forme, vraiment. C’est le but de la formation de l’acteur.

Quels sont les problèmes que les acteurs ont lorsqu’ils viennent travailler avec toi, les problèmes principaux.

Giles Foreman : oh, il y a toute une palette de problèmes qui dépendent de qui est la personne. Parce que les gens arrivent avec qui ils sont, lorsqu’ils jouent, et le fait est que c’est eux qui sont intéressants. Souvent les gens arrivent en pensant qu’ils vont jouer, afin de montrer quelque chose de different, quelque chose d’autre qu’eux-mêmes.

Donc le premier gros problème, auquel la plupart des gens font face, c’est le fait de retirer le masque, retirer ce qui est artificiel afin d’arrêter de jouer et de commencer à révéler des parties d’eux-même, et de laisser le gens connaître et voir ces parties d’eux-mêmes. C’est le gros problème auquel la plupart des gens font face, mais ensuite jouer est un processus étrange car certaines personnes sont brillantes dans certains aspects du jeu et d’autres y sont très mauvaises et vice-versa, car c’est un sujet tellement immense. Donc ça dépend vraiment de qui vous avez en face de vous dans la pièce.

Quand on a formé autant d’acteurs au fur et à mesure des années, on développe différentes tactiques selon les différents types psychologiques, si on peut dire. Une formation d’acteur est une formation sur mesure, il n’existe pas de chose telles que « cette taille convient à tous » comme type de formation. Tu dois déployer différentes techniques avec différentes personnes.  Et le talent du coach d’acteur est de comprendre qui il a dans la pièce, et qu’est-ce qui les bloque.

On a tous besoin d’une formation d’une façon ou d’une autre, personne n’est naturellement génial, c’est un mythe, d’après mon expérience.

Donc quels sont les outils que tu utilises pour amener ces acteurs à se révéler et à enlever le masque ?

 

Giles Foreman : Eh bien, nous avons une palette d’influences que nous utilisons dans la formation que nous faisons ici. Nous sommes très influencés par la technique russe de Stanislavsky. Nous avons invité des professeurs des États-unis, des professeurs qui ont évolués avec les méthodes créées après le passage des russes aux États-Unis par des gens comme Lee Strasberg, dont j’utilise l’exercice Song & Dance afin de connecter les gens à leurs instincts, afin qu’ils soient vrais, qu’ils soient véridiques. Nous utilisons son exercice du Moment Privé, afin de faire en sorte que les gens se débloquent, et qu’ils révèlent les secrets qui les font se retenir.

Nous utilisons la technique Meisner ici au studio, avec de brillants professeurs de Meisner, afin de connecter les gens à la vérité, et de canaliser leur fantaisie et leur imagination. On utilise aussi le travail de l’exercice des objets, de Uta Hagen, et vous pouvez lire tout sur cet exercice dans son merveilleux livre, Respect for acting, et il y a une série de 16 exercices, je crois, par lesquels vous pouvez passer, afin de libérer votre potentiel d’acteur.

Et tout ceci, bien entendu est combiné avec beaucoup de classes techniques de haut niveau. Nous avons, par exemple, certains des meilleurs professeurs de mouvement au monde. Nous avons la professeur de mouvement de Tom Hardi, Michael Fassbender, Colin Firth et moi-même, Liana Nyquist, qui travaille sur comment se débloquer à travers le corps. Une autre méthode pour cela est avec Janet Amsden, qui était une des assistantes de Yat Malmgren, mon gourou, mon mentor, si vous voulez. Et il a développé une formation de mouvement pour acteur très particulière, qui ciblait les blocages psychologiques, de façon très spécifique pour chaque individu.

Donc nous utilisons cela, et bien entendu une formation de la voix. La voix peut aider sur les blocages aussi. Donc on ne sait jamais vraiment ce qui va fonctionner selon l’individu. Mais au final, après un moment, on fini par abattre tout se qui se met en travers du chemin.

Et donc maintenant tu comptes ouvrir un studio d’acteurs en France, à Paris. 

Giles Foreman : Oui !

Binh : Et est-ce que ce sera les mêmes méthodes, les mêmes professeurs ?

Giles Foreman : Ce sera complètement modelé sur les mêmes techniques, sur les combinaisons d’influences que nous avons ici. Et notre méthodologie vient de ma formation au Drama Centre. Donc ce sera l’extension naturelle de ce travail. Et j’ai très hâte, car le Drama Centre, quand j’y étais formé, a toujours été dans la célébration de notre héritage culturel européen classique commun, qui est un immense et fantastique corps de travail. Et je pense qu’il est temps, en Europe, que nous célébrions cela, avec un corps de formation paneuropéen. Et nous pouvons vraiment aider à cela, car je voyage à travers toute l’Europe, pour coacher sur des films, donc j’ai une compréhension de comment fonctionne le système du cinéma moderne dans tous ces pays.

Donc c’est donner une chance aux gens de travailler à la fois à Paris et à Londres, d’avoir accès à l’industrie, avec une formation très intensive et très rigoureuse, célébrant toutes ces influences, célébrant la culture européenne. Et je pense que ce serait une première. Et j’ai très hâte de commencer cela. Je pense que l’on peut dire sans mentir qu’il y a de plus en plus de coproductions qui se développent entre les pays européens, et c’est une opportunité de pouvoir implanter cela dans une institution de formation européenne, que nous voulons créer.

Tu utilises beaucoup le mot célébrer, ça semble être très important dans ta formation. Pourquoi ?

Giles Foreman : Parce que ceci devrait être une histoire de plaisir. L’art est une histoire de plaisir, même s’il s’agit d’un plaisir douloureux. De toute évidence, très souvent, c’est extrêmement douloureux, mais on est des malades, les acteurs sont des malades et il y a un plaisir morbide dans la douleur. Donner naissance à un enfant, tout ce qui est en rapport avec la créativité implique de la douleur. Mais il y a aussi un plaisir très très profond dans cela. Et la vie est faite pour être vécue, non pas pour être déprimé.

Tu dis qu’il faut être privé en public, qu’est-ce que tu entends par là ?

Giles Foreman : Quand tu regardes un grand acteur, disons dans un film, et que tu as l’impression de le connaître, de le connaître intimement. En quelque sorte il te laisse entrer dans son monde intérieur, son monde privé, en disant viens voir, viens voir mon voyage et comment je suis. Et c’est quelque chose que Stanislavsky lui-même a découvert : que ceux qui ont la capacité d’être aussi ouverts, de vous laisser les voir, avec toutes leurs merdes autant que toutes les merveilleuses choses qu’ils ont, ce sont ceux qui évoquent l’empathie. Et le réalisme repose sur l’empathie.

Ce n’est pas comme chez Brecht avec son Verfremdungseffekt, son effet de distanciation. C’est le principe de laisser les gens voyager avec vous émotionnellement. Mais c’est très difficile à faire. Et la plupart des acteurs doivent, ( je n’ai jamais rencontré de ma vie qui que ce soit de naturellement tellement ouvert que l’on voit à travers lui), la plupart des acteurs doivent se former à laisser les gens les voir, car il faut admettre que la vie scolaire normale, l’éducation normale est basée sur le fait de faire l’opposé total de cela. Il faut se cacher, ne pas montrer, ne pas être vulnérable, ne pas être faible. Donc on doit réapprendre à être comme un enfant. Et profiter de l’intimité dont on ne profite que très rarement dans la vraie vie, et ce de façon plus intense.

Binh : Merci beaucoup.

Giles Foreman : Merci à toi !

 

Pour en savoir plus sur le travail avec Giles Foreman visitez son site : Giles Foreman Centre for Acting,  Studio de formations professionnelles pour comédiens sur Paris & Londres.

Merci à Lysandre Mbappé pour l’organisation, l’enregistrement et la traduction de cette interview.

 

5 choses à faire pour vaincre sa timidité

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On dit souvent que le théâtre permet de vaincre sa timidité et nombreuses sont les personnes qui prennent des cours de théâtre dans cet objectif. Les cours de théâtre ne sont pas des thérapies mais peuvent permettre à une personne de s’épanouir en lui permettant de dépasser certains blocages.

Utilisez cette séance d’hypnose : Mieux gérer le rejet.

Dans cet article, je vais partager 5 choses à faire pour vaincre sa timidité. Ces 5 choses sont généralement apportées par les cours de théâtre.

 

1. Travailler sa voix pour vaincre sa timidité.

 

La voix est notre outil de communication principal. C’est à travers la voix que l’on communique avec les autres et c’est également grâce à la voix que l’on peut vaincre sa timidité. En travaillant sa voix, on travaille également sa respiration et ses émotions. La voix véhicule les émotions, et réciproquement, les émotions non exprimées bloquent la voix. En débloquant la voix, on peut faire l’expérience de déblocages émotionnels importants.

La maîtrise de la voix permet une meilleure maîtrise de soi et une communication plus naturelle. La peur de ne pas être entendu disparaît, on peut communiquer librement et sans effort.

Les personnes timides ont souvent une voix faible et en travaillant à libérer leur voix, elle peuvent déjà vaincre leur timidité.

 

2. Travailler son corps pour vaincre sa timidité.

 

Quand on est timide, on est souvent déconnecté de son corps. Le malaise physique génère un malaise social. On se sent plus vulnérable en présence des autres parce qu’on ne maîtrise pas ses mouvements. On a peur de faire une bêtise, d’être maladroit, etc…

Apprendre à maîtriser son corps permet de ramener l’esprit dans le corps et d’être plus présent. Des disciplines comme le Yoga ou le Taï Chi aident à se concentrer sur son corps et ses sensations corporelles. Être bien et en paix avec son corps permet de vaincre sa timidité.

 

3. Prendre des risques pour vaincre sa timidité.

 

Quand on veut faire quelque chose mais que la peur nous en empêche, tout ce qu’on retient c’est cette peur. Vaincre sa timidité commence par prendre des risques. C’est prendre le risque de parler plus fort, prendre le risque de rencontrer une personne que l’on ne connaît pas ou de découvrir un nouvel endroit, etc… Quand on a des difficultés à vaincre sa timidité c’est parfois parce qu’on se sent confortable dans cette timidité. Qu’est-ce que ma timidité me permet d’éviter de faire ?

Pour vaincre sa timidité, il faut prendre des risques régulièrement. Inutile de viser l’impossible. Mieux vaut prendre un petit risque régulièrement plutôt qu’un énorme une fois de temps en temps. C’est comme se brosser les dents : ça ne sert à rien de se brosser les dents une fois par mois pendant une heure. Il faut le faire tous les jours.

 

4. S’accepter tel qu’on est.

 

C’est peut-être le plus difficile. On est bombardés de messages nous incitant à changer et à nous améliorer, suggérant par là qu’on n’est pas assez bien. On est tel qu’on est, et même si on peut changer, on ne fait pas du sucre avec du piment. On peut s’épanouir en commençant par célébrer qui on est.

Vaincre sa timidité, c’est aussi arrêter de lutter contre elle. Les personnes épanouies n’ont pas besoin de vaincre leur timidité. Elles n’y pensent tout simplement pas.

Peut-être que quelqu’un vous a dit un jour que vous étiez timide parce que vous ne vouliez pas dire bonjour à un inconnu. Acceptez que c’est un comportement normal pour un enfant, et qu’à présent vous pouvez choisir d’agir autrement.

Essayez de changer votre définition de vous-même. Au lieu de vous dire « je suis timide », essayez quelque chose comme « je suis réservé » ou encore « je me dévoile aux personnes en qui j’ai confiance » ou bien « j’aime faire connaissance avec les personnes que je rencontre avant de me lâcher »…

 

5. Faire attention aux autres.

 

Quand on prend conscience que les autres ne sont pas si différents de nous, on n’a plus besoin de cacher nos peurs, nos doutes et nos difficultés. On peut au contraire voir que les autres aussi ont ces difficultés et tenter de les soulager. Faire attention aux autres permet d’oublier qu’on aimerait vaincre sa timidité pour être vraiment présent à l’autre. Notre présence est ce que nous avons de plus précieux à donner.

 

 

J’espère que cela vous aidera à vaincre votre timidité. N’hésitez pas à commenter cet article et à le partager pour aider d’autres personnes !
L’hypnose est un très bon moyen pour modifier sa perception des choses et apprendre de nouvelles manières de réagir. Cette séance d’hypnose vous guidera à travers ces étapes pour vous aider à mieux gérer le rejet et à dépasser la peur du rejet :

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Mieux gérer le rejet en auto-hypnose

 

Choisir des textes qui nous touchent

Certains textes sont naturellement plus émouvants que d’autres, plus touchants, plus porteurs.

Je viens de lire un extrait de la pièce The Normal Heart, une pièce mettant en scène un journaliste gay dans les années 80 qui se bât pour faire reconnaître l’épidémie de SIDA. A l’époque, le virus du VIH est encore inconnu, la maladie se répand dans le milieu homosexuel mais personne ne comprend d’où elle vient. Ned Weeks se bât pour la faire connaître et pour dire aux gays d’arrêter de baiser comme des lapins sans protection pour éviter la contamination. Il se bât pour sauver des millions de vies.

Le contexte de l’époque, la menace de mort qui pèse sur son entourage, les hommes qu’il connaît qui meurent les uns après les autres… Il suffit de lire le texte en ayant conscience du contexte pour être touché.

 

Certains textes sont de toute évidence plus forts que d’autres. J’ai déjà parlé dans l’article 3 bonnes raisons de travailler sur les classiques de l’intérêt de lire et de travailler sur des textes classiques. Il est tout aussi important à mon sens de travailler sur des textes qui nous touchent, qui nous semblent évidents dès la première lecture par l’effet qu’ils ont sur nous.

Ces textes, il faut aller les chercher. Bien souvent, quand on commence, on a rarement accès à des scènes de qualité. En travaillant sur des projets étudiants ou sur les petits rôles  auxquels on a accès à la télévision, il est rare de se confronter à des textes porteurs. Pourtant il y a dans la littérature, les romans, les pièces de théâtre des textes forts qui nous touchent à la première lecture. C’est vers ces textes là qu’il faut aller.

 

Je crois que plus on fait confiance à son instrument, plus on avance. Il n’y a qu’en lisant qu’on trouve ces textes, ces perles rares qui sont si bien écrites qu’elles nous touchent au coeur.