2+1 mots clés pour allumer son imagination

Allumer imagination

Quand on aborde une scène, on a besoin de pouvoir s’identifier au personnage. « Jouer, c’est agir authentiquement dans des circonstances imaginaires » nous dit Meisner. Or, notre inconscient, qui est là pour nous protéger, oppose une résistance au fait de croire à la situation imaginaire. « Non, je ne suis pas un expert en analyse de traces de sang dont les parents sont morts dans des conditions atroces et qui tue pour satisfaire ses pulsions meurtrières.  »

Heureusement que notre inconscient nous protège de cette manière, sinon on aurait vite fait de devenir fou ! On a beau vouloir devenir acteur, notre inconscient n’est pas prêt à nous laisser faire n’importe quoi.

Comment peut-on faire quand notre inconscient résiste aux circonstances proposées ?

 

Pour contourner ces résistances, nous devons d’abord rassurer notre inconscient en lui montrant qu’on sait que les circonstances proposées sont fausses et en l’autorisant à faire ce qu’il fait le mieux : imaginer.

 

Voici 2 mots clés, et un troisième, qui permettent d’enflammer votre imaginaire en contournant les résistances de l’inconscient.

 

1. Imagine

Facile, on demande directement à l’imagination de s’allumer. On sait que tout ce qui va suivre est faux et on peut se permettre de l’imaginer. C’est une commande directe à l’inconscient qui nécessite de se parler à la deuxième personne. Personnellement, j’aime changer mon monologue intérieur en passant de « JE » à « TU ». Ça me permet de me décaler de mon rapport habituel à moi-même et de prendre du recul.

Imagine que ton père est roi, et que tu as fait tes études loin de chez toi. Et imagine maintenant que tu apprends que ton père est mort. Et en arrivant chez toi, tu apprends que ta mère s’est remariée avec ton oncle et que c’est maintenant lui qui porte la couronne qui t’étais destinée. Et imagine que tu as une vision de ton père qui te dit que c’est ton oncle qui l’a tué et que tu dois maintenant tuer le roi pour accomplir sa vengeance…

 

2. Si

Le « si » magique de Stanislavski ! Il en parle dans son livre La formation de l’acteur comme étant LA clé pour déclencher l’imagination de l’acteur. C’est le mot idéal pour provoquer une réaction vraie dans des circonstances imaginaires. C’est encore plus puissant en utilisant la formule « Que ferais-tu si/ Qu’est-ce que je ferais si… » qui pose une question à laquelle notre imagination va naturellement chercher à répondre.  Avec le « Si », il est possible de se parler à soi-même à la première ou à la deuxième personne.

Que ferais-tu si tu étais le fils d’une actrice célèbre et que tu voulais devenir toi-même metteur en scène ? Et si ta mère ne s’intéressait pas du tout à ce que tu faisais et si elle passait son temps avec des auteurs célèbres et insupportablement académiques dont l’écriture te révulse. Et si tu rencontrais une jeune actrice avec laquelle tu fais une première mise en scène et qu’elle te quittais pour un de ces auteurs que tu déteste… Qu’est-ce que je ressentirai si j’étais dans cette situation ?

 

A un niveau plus personnel, le « si » peut aussi nous aider à débloquer notre imagination quand nos circonstances réelles, ce que nous vivons au quotidien, sont trop oppressantes. Vous pouvez par exemple vous demander ce que vous feriez si vous aviez la certitude d’avancer dans votre carrière et que vous aviez le temps et l’énergie de faire ce qui vous passionne vraiment. Que serait votre vie si vous aviez suffisamment de confiance en vous pour faire ce que vous voulez faire ?

 

3. Et le mot complémentaire : ET

Le mot « ET » permet de lier les propositions que l’on fait à l’inconscient. Il permet d’aller encore plus loin dans l’imaginaire. On peut commencer en parlant de quelque chose de vrai et amener petit à petit l’inconscient à accepter quelque chose d’imaginaire simplement grâce au mot « ET ».

Par exemple, vous lisez maintenant ce texte, et vous pouvez trouver que ce que vous lisez est intéressant, et vous comprenez à quel point il est important d’apprendre à dialoguer avec soi-même, et vous vous voyez déjà sur un plateau en train d’utiliser ces techniques pour entrer dans une situation imaginaire, et vous voyez l’équipe technique et les autres comédiens autour de vous et vous ressentez une profonde sensation de calme qui commence à apparaître dans votre poitrine, et cette sensation vous rassure et vous libère, et vous savez que vous avez la capacité d’entrer dans ce monde imaginaire, et vous entendez les choses différemment, et vous voyez les choses différemment et vous ressentez les choses différemment. Et vous pensez les choses différemment. Et à mesure que vous vous laissez aller à cette sensation de sérénité qui vous envahit, vous pouvez sentir que votre corps a envie de bouger. Et vous laissez peu à peu votre corps ajuster sa position et vous pouvez même être un peu surpris ou surprise de la position que prend votre corps. Et en changeant de position, vous changez également d’attitude. Et vous adoptez peu à peu l’attitude de votre personnage. Et vous vous sentez prêt(e) à l’action. Et vous prenez une bonne inspiration.

Et vous repensez alors à cet article et à votre envie de devenir acteur et vous avez peut-être envie de laisser un commentaire ci-dessous 😉