Voulez-vous l’Oscar du meilleur acteur ou évitez-vous le Razzie du pire ?

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oscar meilleur acteur razzieQuand on veut devenir acteur ou actrice, il faut une bonne dose de motivation. Il y a parfois des moments où on se décourage, et il faut retrouver la motivation pour faire tout ce que nous avons à faire.

Pour les personnes qui ont commencé tard ou qui n’ont pas encore commencé dans ce métier, la question de la motivation est d’autant plus importante parce qu’elle n’est pas naturelle.Si elle l’était, nous aurions commencé beaucoup plus tôt.

En ce qui me concerne, j’ai encore des difficultés à trouver ma motivation et si je ne me nourrissais pas sans arrêt de livres et d’audios sur la réussite personnelle, je me laisserai facilement submergé par les problèmes et le découragement.

 

En lisant l’autobiographie d’Arnold Schwarzenegger, j’ai appris beaucoup de choses sur la motivation et la réussite. J’avais déjà lu beaucoup de ces choses dans d’autres livres, mais le fait de lire son histoire personnelle et de retrouver les mêmes ingrédients de la réussite me permet d’absorber ces informations d’une manière différentes.

Arnold Schwarzenegger a pris toutes ces décisions en fonction d’une chose : son rêve. Il fait certaines choses ou n’en fait pas d’autres en fonction de ce qu’il veut obtenir.

 

2 pensées qui guident nos choix

 

Quand nous avons un choix à faire, nous pouvons être motivés par deux choses : le désir de gagner, ou la peur de perdre. Nous faisons ou ne faisons pas quelque chose soit parce que nous voulons obtenir quelque chose, soit pour éviter une perte, une souffrance.

 

Les personnes qui réussissent, et Schwarzenegger en est un bon exemple, font ou ne font pas certaines choses parce qu’elles espèrent obtenir un gain. Les personnes qui échouent font ou ne font pas certaines choses pour éviter une souffrance.

 

Quand j’ai entendu cela dans un des audios que j’écoute sur la réussite personnelle, j’ai été frappé par la simplicité de cette vérité. C’est une de ces vérités qui prend 5 minutes à comprendre, et toute une vie à maîtriser.

 

Fuir ou forcer ne permet pas de gagner

 

Ces derniers temps, j’ai eu une baisse de motivation dans la rédaction de ce blog, dans mon travail d’acteur et dans ma recherche de rôles. Je me disais que je devais rédiger des articles, travailler mes scènes et rechercher de nouveaux rôles pour éviter la douleur de perdre mon audience, de rater ma scène ou de ne pas avoir de nouvelles images à montrer. Et je me suis bien rendu compte que je ne fonctionne pas avec la peur, ça ne me motive pas.

Dès que je crois devoir faire quelque chose pour éviter une douleur, j’adopte l’un ou l’autre de ces comportements :

– Je fuis : je procrastine, je remet au lendemain, ou je trouve quelque chose pour me distraire de ce que je dois faire.

– je force : je fais ce que je dois faire, mais je me force à le faire, je n’y prend aucun plaisir alors même que c’est quelque chose qui devrait être agréable.

 

Les acteurs donnent le meilleur d’eux mêmes pour obtenir l’oscar du meilleur acteur, pas pour éviter le razzie du pire acteur !

 

Schwarzenneger raconte dans son auto-biographie qu’en se préparant pour le titre de Monsieur Univers, il savait exactement ce qu’il allait ressentir lorsqu’il serait en haut du podium. C’est cette vision qui l’a motivé pendant ses longues heures d’entrainement….

 

A l’Actors Factory, on apprend à utiliser le même principe pour trouver la motivation de notre personnage. On doit trouver ce que le personnage gagne ou perd s’il accomplit ou n’accomplit pas sa tâche dans la scène. Selon le personnage, on utilisera plutôt l’un ou l’autre aspect.

 

En ce qui me concerne, j’ai l’impression de faire encore beaucoup de choses pour éviter la douleur ou la perte, peut-être 50%. Et vous, pourquoi faites-vous ou ne faites-vous pas certaines choses ?

 

Le monde a besoin de vous !

Au début du mois, un de mes amis a été retrouvé mort, dans sa voiture au fond d’un canal. C’était un jeune homme de 26 ans, généreux, créatif, sensible et intelligent.

Depuis quelques temps, il était déprimé et ne semblait pas trouver de sens à sa vie. Je n’étais pas près de lui pendant cette période, et sa mort à été pour moi une grande claque.

Quand j’ai appris sa disparition au début du mois de Janvier, j’ai gardé l’espoir qu’il soit parti dans une quête spirituelle, un voyage improvisé à la découverte de lui-même et du monde. J’espérais qu’il se découvrirait lui même et qu’il reviendrait plein d’espoir et de lumière.

Un mois et demi plus tard, j’étais à son enterrement.

 

J’ai commencé ce blog dans l’espoir de susciter des vocations, de tendre la main à des jeunes comme lui et comme moi, des jeunes qui refusent d’entrer dans le moule, qui refusent de nier leur sensibilité et qui refusent de se résigner à la fatalité d’une vie de labeur insensée.

J’ai reçu de nombreux témoignages de remerciement, de lecteurs et lectrices qui ont été inspirés par mon témoignage et que j’ai pu aider modestement, merci.

Je me rends compte en écrivant ces lignes de la chance que j’ai de pouvoir suivre mon rêve, de pouvoir apprendre à être un meilleur acteur et un meilleur homme.

Romain Klima n’a pas eu cette chance et il a préféré quitter ce monde. Je regrette de n’avoir pas pu être avec lui dans ses jours sombres.

 

Être acteur, c’est apporter un témoignage. C’est s’investir dans la vie d’un personnage pour en tirer une leçon qui servira à tous, c’est partager une expérience qui permettra au spectateur de sentir qu’il n’est pas seul. C’est voir cet autre que l’on croit différent de soi, entrer dans sa peau et dire au spectateur : « Regarde, je suis comme toi, tu n’es pas seul ! »

 

C’est ce qui nous touche en tant que spectateur, c’est ce qui nous permet de nous identifier et de garder espoir. Les histoires que nous vivons au travers des films nous font grandir et nous redonnent l’énergie et l’inspiration nécessaire pour notre quotidien.

 

Notre travail d’acteur est d’apprendre à montrer notre vulnérabilité, notre capacité à être touché par les autres afin que le spectateur accepte de se laisser toucher par la vie autour de lui.

Notre société a besoin de ces histoires et de ses héros imparfaits qui surmontent les obstacles de la vie.

Si vous êtes artistes, si vous avez envie de changer le monde, n’ayez pas peur de brandir votre drapeau utopiste. Le monde a besoin de vous !

Il n’a pas besoin de plus d’ingénieurs qui ne veulent pas être ingénieurs, il n’a pas besoin de plus de professeurs qui ne veulent pas être professeurs, il n’a pas besoin de plus de pâtissiers qui ne veulent pas être pâtissiers.

Il a besoin de ce que vous avez d’unique à apporter, il a besoin de votre créativité, de votre joie, de votre enthousiasme, il a besoin de vos vraies couleurs !

 

Ce moment est unique, cette chanson est pour vous.

Lancez la vidéo, fermez les yeux et laissez-vous être touché !


Merci à Tiffany Stern, Alexandre Louschik et Bernard Hiller pour l’encouragement qu’ils donnent aux artistes.

Merci à vous pour ce que vous êtes !

 

 

 

Vous ne pourrez pas passer à l’action si vous n’avez pas ce moteur en vous

action motivation

action motivationCet article participe au festival A La Croisée des blogs organisé ce mois-ci par Mathieu sur le blog Penser-et-Agir. Le thème proposé ce mois-ci est Penser et Agir, à quel moment passer à l’action ?

 

Je trouve intéressant d’aborder cette question par l’angle du jeu d’acteur. Après tout, ce n’est pas pour rien qu’on utilise le mot ACTEUR et que le réalisateur dise ACTION pour lancer la scène.

L’action est au coeur du jeu d’acteur, c’est ce qui en fait tout l’intérêt. Sans action, le jeu est forcément faux, on ne fait que dire le texte et répéter mécaniquement des mouvements.

 

Dans son livre Le Pouvoir de l’Acteur (lien Amazon), Ivana Chubbuck définit l’action de la manière suivante :

Les ACTIONS sont des mini-objectifs, les différentes approches que vous choisissez afin de parvenir plus efficacement possible à votre OBJECTIF DE SCENE. Les ACTIONS s’accomplissent, et verbalement, et dans votre comportement.
Comme l’OBJECTIF DE SCENE, les RYTHMES et ACTIONS doivent être énoncés afin de provoquer une réaction, afin d’affecter l’autre personne, et pas : « dire des mots ». Les RYTHMES et ACTIONS vous permettent d’être présent et authentique.

Les ACTIONS ont le pouvoir de changer le sens et l’intention. Demandez-vous : « Pourquoi je veux gagner » (OBJECTIF DE SCENE) ? Et quelle est la meilleure voie, la plus efficace, aussi bien verbalement que dans mon comportement, pour y parvenir (RYTHMES et ACTIONS) ?

L’action est donc impossible si l’objectif de scène n’est pas clairement définit. Si on ne sait pas ce qu’on veut, on ne peut pas agir pour l’obtenir. Ça semble vraiment tout con dit comme ça, mais c’est en fait beaucoup plus profond. Cela signifie qu’il est inutile de se demander COMMENT on va faire les choses si on ne sait pas POURQUOI on les fait.

 

Penser d’abord, à quoi penser ?

 

Pourquoi certaines personnes remettent-elles toujours au lendemain alors que d’autres se lancent dans l’action immédiatement ?

Il m’arrive de procrastiner, et il m’arrive aussi d’agir spontanément. Même si j’ai parfois tendance à me juger durement, en réalité je ne peux pas dire que je suis un procrastinateur, ni que je suis un hyper-actif. Mais une chose est sûre, c’est qu’à chaque fois que j’ai agît, j’avais une vision de ce que j’allais obtenir en le faisant. Et cette vision était suffisamment forte pour me pousser à agir.

 

On s’en fout de savoir COMMENT !

 

Au lieu de perdre du temps à se demander COMMENT on va faire, il est donc indispensable de bien définir ce que l’on veut. On ne peut pas agir sans motivation.

Votre objectif, votre motivation va nourrir votre action. Vous connaissez votre texte, mais vous ne savez pas encore comment vous allez le jouer. Tant mieux ! Au lieu de savoir COMMENT jouer, il est plus intéressant de savoir Qu’est ce que l’on joue. Quel est l’enjeu de la scène ? Quelle est la situation ? Qu’est-ce que je veux obtenir dans cette scène ?

Si on aborde le texte en se demandant COMMENT on va le jouer, quelle intonation on va utiliser, COMMENT on va dire telle ou telle réplique, on est automatiquement dans le faux. Notre jeu sera forcé et le spectateur verra un acteur en train d’essayer de jouer bien, et pas un personnage vivant.

Dans la vie, on pense parfois à quelque chose que l’on voudrait obtenir, mais quand on envisage tout ce qu’il va falloir faire pour l’obtenir, on peut se sentir découragé. On se concentre trop sur le COMMENT, et pas suffisamment sur le QUOI.

Le domaine du développement personnel regorge de méthodes pour apprendre comment faire telle ou telle chose. Vous pouvez apprendre COMMENT méditer, COMMENT séduire, COMMENT s’affirmer, COMMENT surmonter sa timidité, COMMENT s’organiser etc., avec à chaque fois une série d’exercices et de choses à appliquer. Et pourtant, avec tous ces manuels qui nous disent comment faire, on continue à avoir les mêmes difficultés, et à chercher d’autres façons de faire. C’est une erreur que j’ai fait de nombreuses fois parce que je n’avais pas assez creusé le POURQUOI.

Vous savez intuitivement cela. Repensez à vos cours de Maths ou de Français à l’école. On vous enseignait comment faire les multiplications, comment accorder le participe passé. Mais si vous n’avez jamais su pourquoi le faire, je parie que vous n’étiez pas motivé et que vous n’aviez pas de bons résultats.

 

Il n’y a pas d’ACTION possible sans MOTIVATION !

 

La Loi d’Attraction, qui dit tout simplement que l’on attire ce à quoi on pense le plus souvent, donne le secret de la réussite suivant : « Définissez votre rêve et ayez un désir ardent de le voir se réaliser« .

Notre motivation va venir d’un objectif qui nous parle et nous allume. On ne peut pas jouer si on n’a pas ce désir ardent d’obtenir ce que l’on veut. Sans cette motivation, notre jeu sera faux et plat parce qu’il n’y aura aucune action.

 

Ivana Chubbuck définit l’objectif de scène comme suit :

L’OBJECTIF DE SCENE doit être fondé de manière à impliquer une réponse. L’OBJECTIF DE SCENE ne change jamais au milieu d’une scène. L’OBJECTIF DE SCENE procède de votre esprit, coeur, tripe et sexualité. Des besoins humains simples comme dans la vie. Vous devez changer l’autre pour obtenir ce que vous voulez.

L’objectif doit être simple et parlant pour vous. Ce sont vos émotions qui vous guideront vers le bon objectif. Quand vous pensez à ce que vous voulez, vous devez vous sentir mieux. Sinon, c’est que vous êtes en train de penser à ce que vous ne voulez pas.

Notre motivation viendra de la définition de ce que l’on veut obtenir, et du désir ardent de l’obtenir.

 

Pour trouver sa motivation à l’Actors Factory, Tiffany Stern insiste sur la double formulation :

– Si j’obtiens ce que je veux, je vais vivre ça.

– Si je n’obtiens pas ce que je veux, je vais vivre ça.

 

Il faut donc définir ce que l’on veut, et définir ce qui va se passer pour nous si on l’obtient et si on ne l’obtient pas.

Pour que la motivation fonctionne dans la scène, il est indispensable que cela nous affecte émotionnellement. Cela doit nous allumer. Obtenir ce que l’on veut doit améliorer notre état, on se sentira beaucoup mieux, et si on ne l’obtient pas, notre état va empirer. Il faut donc chercher et creuser, trouver les images qui nous font réagir jusqu’à ce que l’on sente que c’est ça.

Chaque phrase doit être simple et condenser tout ce que notre objectif peut nous donner comme images mentales et émotions.

C’est ce double usage des émotions négatives et positives pour nous motiver, qui va créer en nous ce désir brûlant et nous allumer pour l’action. Nous sommes poussés par notre cauchemar pour aller vers notre rêve.

 

Alors à quel moment passer à l’action ?

 

On ne peut passer à l’action que lorsque l’on a cet objectif qui nous motive. Et une fois que cette motivation est claire, on ne peut plus attendre ! On est obligé d’agir, nos émotions nous poussent à agir et cela devient très difficile de ne pas agir.

C’est pourquoi la MOTIVATION est un outil indispensable pour le jeu d’acteur. On définit cette motivation dans la phase de préparation. On se la remet en corps avant d’entrer en scène, et on reste avec tout au long de la scène. C’est ça qui va faire que les émotions viendront nous porter et que l’on sera vrai et présent. C’est ça qui donnera vie à notre personnage et qui donnera aux spectateurs l’impression de participer à la vie d’un autre.

Une fois que notre motivation est claire, nos instincts peuvent nous guider et nous dire immédiatement si on est en train de s’approcher ou de s’éloigner de ce qu’on veut, si on chauffe.

A partir de là, c’est notre capacité à vivre dans le moment présent et à être à l’écoute de nos instincts, qui nous permettra de faire la bonne action ici et maintenant.

Le bon moment pour passer à l’action, c’est quand notre instrument émotionnel est prêt à le faire.